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Quelques vérités sur les retraites

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Quelques vérités sur les retraites

Un document édité par la Confédération Générale du Temps Libéré (CGTL), grâce aux chiffres du Conseil d'Orientation Révolutionnaire (COR). La réforme des retraites entreprise par le gouvernement français en 2010, doit s’interpréter comme une nouvelle offensive de la dictature économique contre la liberté et le bonheur du plus grand nombre. Elle vise à mettre au pas la population française en l’obligeant à travailler plus et plus longtemps, tout en détruisant les mécanismes de solidarité qui, depuis un peu plus de 60 ans, ont rendu supportable l’exploitation salariée.
Le discours mensonger élaboré par l’oligarchie au pouvoir et par les principaux médias qui lui sont inféodés, a présenté cette réforme comme inéluctable. Pourtant, le simple retour au partage de la richesse nationale, tel qu’il s’effectuait au début des années 1980, entre d’un coté les profits et de l’autre les salaires et les diverses prestations sociales, permettrait de dégager chaque année un excédent de plus de 100 milliards d’euros… De quoi combler 10 fois le déficit annuel des régimes de retraite tout en ouvrant de nouveaux droits !
Les journalistes, aux ordres d’un pouvoir économique qui s’est définitivement aliéné le pouvoir politique, abandonnent d’ailleurs assez rapidement leur médiocre argumentation sur l’ampleur des déficits (après tout, des pertes bancaires beaucoup plus importantes ont été effacées) pour finalement révéler que la réforme est indispensable afin de rassurer les marchés financiers et d’éviter que les agences de notation ne dégradent la note de la France comme elles ont auparavant dégradé la note de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal.
De leur aveu même, la réforme s’inscrit dans le contexte international de rigueur imposée qui marque définitivement la primauté de l’intérêt des actionnaires et des financiers sur l’intérêt des peuples. Au delà de la protection sociale c’est tout le secteur public qui est désormais susceptible d’être « déréglementé », puis bradé, afin qu’une minorité de grands possédants puissent en tirer du profit. Que la plus grande partie de la population perde le bénéfice de services auparavant gratuits dans le domaine de la santé, de la retraite, du logement, de l’éducation ou de la culture ne gène pas les instigateurs de ce sinistre plan. C’est même précisément le but qu’ils poursuivent en Grèce, en Espagne, au Royaume Uni, au Québec ou en France. Car alors, pour assurer sa propre survie, le peuple sera davantage soumis à l’exploitation salariée, imposée dans des conditions toujours plus contraignantes, par et pour le bénéfice des grands possédants.
Les quelques vérités rappelés dans ce tract publié en juin 2010 à l’annonce du projet de réforme des retraites et à l’approche du grand mouvement de contestation sociale qui devait conduire plusieurs millions de personnes dans les rues, n’ont d’autres buts que de faire apparaître la signification profonde de la prétendue réforme : accroître la soumission de la population français aux forces aveugles du marché.

A lire sur cette page d'Esprit68 ou sous la forme d'un livret imprimable de 24 pages, à télécharger ici , ou .

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SOMMAIRE

Quelques citations, pour donner un avant goût de la lecture

Introduction

Partage de la valeur ajoutée, l’argent est là, il suffit de le prendre…

Quand on veut, on peut…

Ne rêve pas… Ce n’est pas en travaillant plus longtemps que tu deviendras riche !

Si l’on vit plus longtemps, c’est que l’on arrête plus tôt de travailler

Le recul de l’âge l’égal de départ à la retraite n’est pas justifié par l’augmentation de l’espérance de vie !

L’Europe veut mettre ses peuples au boulot…

Travailler après 60 ans ? Pourquoi faire ?

Conclusion

Quelques citations, pour donner un avant goût de la lecture :



Quelques vérités sur les retraites

Un document édité par la Confédération Générale du Temps Libéré grâce aux chiffres du COR.

CORCGTL2

Introduction

Sécurité Sociale, Retraites, Congés Payés…
Ces conquêtes sociales, qui trouvent leurs origines dans les grèves de 1936, et dans le programme du Conseil National de la Résistance, ont permis d’adoucir notre servitude salariée.
Mais, depuis 30 ans, les maîtres du capital, comptant sur notre passivité et notre désunion, ont engagé une vaste contre-offensive.

Aujourd’hui, ils veulent tout nous reprendre.

Ils feraient bien de se méfier, car si nous n’avons même plus ces quelques consolations, alors plus rien ne nous retient…

Car nous aussi nous voulons tout !

Et derrière l’idée que nous ne voulons plus être obligés de travailler après 60 ans, se profile l’idée que nous ne voulons plus être obligés de travailler du tout !

Cet opuscule entend rappeler quelques vérités simples sur le travail et sur la retraite, vérités que tout le monde connaît ou devrait connaître, mais que bien peu osent formuler. Il voudrait montrer que le recul de l’âge légal de départ à la retraite n’est absolument pas inéluctable, mais qu’il soulève la question plus vaste du sens de nos vies et de notre capacité à nous réapproprier le monde qui nous a été volé.

Warren Buffet,

deuxième fortune mondiale,
déclarait au New York Times en 2006 :

« La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter. »

Partage de la valeur ajoutée, l’argent est là, il suffit de le prendre…

Extrait de la pièce de théâtre « Un hold-up géant » publié par la revue Fakir :

Prof : La valeur ajoutée, c’est la somme de tout ce qui est produit dans le pays. En France, c’est environ 2 000 milliards d’Euros. (Inscrit 2000 milliards.) En 1983, environ 75 % (Inscrit 75 %.) partait aux travailleurs – en salaires, mais aussi en retraite, en sécurité sociale, en ASSEDIC. Aujourd’hui, c’est à peu près 65 % (Inscrit 65 %). 75 % - 65 %, égal ? 10 %. 10 % de 2 000 milliards, ça fait combien ? 200 milliards.
Ca signifie que, si on avait conservé la répartition Capital / Travail de 1983, les travailleurs toucheraient – chaque année – 200 milliards de plus. Soit 5 000 euros de plus par tête ! C’est ça que nos camarades guade-loupéens appellent la profitation.
Metteur en scène : Et ils sont passés où, ces 200 milliards ? Dans la poche des actionnaires ! Donc, vous n’avez rien senti, ils sont restés très gentils, mais ils ont fait un sacré trou dans votre budget… Dix fois plus grand, au moins, que le trou de la Sécu. Trente fois plus grand que le déficit des retraites.

A voir ci-dessous, le court-métrage réalisé par Bresse-tv, la télévision associative et participative de Bourg-en-Bresse à partir de la pièce de la revue Fakir…

En cas de problème, vous pouvez toujours visionner la vidéo sur Tou tube, à l'adresse suivante.

D’après le FMI, la part des salaires dans le Produit Intérieur Brut (PIB), a baissé de 9,3% en France de 1983 à 2006. Dans le même temps, la part des dividendes dans la valeur ajoutée passait de 3,2 à 8,5%. Ces 9,3% représentent de 120 à 170 milliards d’euros par an !

200, 170 ou même 120 milliards…
C’est en tout cas supérieur au besoin de financement du régime de retraite estimé à 115 milliards en 2050 !

Quand on veut, on peut…

A l’automne 2008, le gouvernement français met en place un plan d’urgence de soutien aux banques. Ce plan prévoie la création d’une société dotée de 40 milliards d’euros, destinée à fournir des fonds propres et la création d’une caisse de refinancement des établissements de crédit, pouvant fournir des prêts pour une enveloppe maxi-male de 320 milliards d’euros.

Si une enveloppe de refinancement de 320 milliards est prévue pour les banques, pourquoi s’offusque-t-on du besoin de financement du système de retraite, évalué à 40 milliards en 2015, à 50 milliards en 2020 et à 115 milliards en 2050 ?

ON TE FAIT CROIRE
QU’IL Y A UN PROBLÈME
DE DÉFICIT
DES RÉGIMES DE RETRAITE,

MAIS,
QUAND IL A FALLU
RENFLOUER LES BANQUES,
ON A
CRACHÉ LES MILLIARDS
SANS PROBLÈME :

ON SE FOUT
DE TOI !

CGTL2

Ne rêve pas…
Ce n’est pas en travaillant plus longtemps que tu deviendras riche !

Prenons un riche au hasard :
Serge Dassault, chef d'entreprise, patron de presse, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes, dont la fortune est évaluée à un peu plus de 6,17 milliards d’euros.
Cette somme représente plus de 268 000 fois le salaire net annuel moyen qui est de 23 000 euros en France.
Le taux d’épargne des ménages ne dé-passant guère 10%, cela signifie qu’un salarié honnête et prévoyant peut espérer accumuler la fortune de monsieur Dassault en travaillant dur pendant environ 3 millions d’années…

Si l’on vit plus longtemps, c’est que l’on arrête plus tôt de travailler

Le travail, première cause d’insécurité :

Les médias alimentent la préoccupation sé-curitaire. Mais de quelle insécurité parle-t-on ?
Les 440 000 violences contre les personnes sont à comparer aux 700 000 accidents du travail avec arrêt comptabilisés en 2008.
94 accidents de travail mortels (1381 en tenant compte des accidents de trajet) à comparer aux 800 homicides jugés en France cette même année.
Il faut y ajouter les suicides non systémati-quement reconnus en accident du travail (environ 400 ou 500 par an). Cinquante sui-cides ont été recensés en 2 ans et demi pour la seule entreprise France Télécom.

Mais que fait la police ?

Le recul de l’âge l’égal de départ à la retraite n’est pas justifié par l’augmentation de l’espérance de vie !

En France, en 2007, l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans limitation d’activités ou sans incapacité majeure, est estimée à 64,2 ans pour les femmes et à 63,1 ans pour les hommes.
Avec la retraite à 60 ans, les nouveaux nés actuels ne peuvent raisonnablement espérer que 3 ou 4 bonnes années !
Si l’on repousse encore l’âge légal de départ à la retraite, même malade et diminué, il faudra travailler !

Je veux
partir en retraite
de cette
société mal faite
avant
d’être foutu !

CGTL2

L’Europe veut mettre ses peuples au boulot…

En mars 2000, lors du Conseil européen de Lisbonne, les dirigeants européens ont souhaité faire de l’Europe, d’ici à 2010, « l’économie de connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Les objectifs qu’ils se sont fixés pour 2010 prévoient d’atteindre 70% de taux d’emploi global et 50 % de taux d’emploi pour les « seniors » c’est-à-dire pour les personnes âgées de 55 à 64 ans.

…Mais les français résistent !

En France, le taux d’emploi des seniors en 2008 n’est que de 38,3 %, il tombe à 18% dans la catégorie des 60-65 ans.
D’après l’INSEE : plus de 99 % des inactifs retraités ou pré-retraités de moins de 65 ans déclarent ne pas souhaiter travailler.
Il y a environ 4 millions de personnes âgées de 61 à 65 ans. … La retraite à 65 ans pourrait bien se traduire par un peu plus de 3 millions de chômeurs supplémentaires…
Et de fait, le grand mouvement populaire qui va maintenant se dresser contre le recul de l’âge légal de départ à la retraite devra naturellement s’associer aux luttes en cours des chômeurs et des précaires.
Il s’agit d’une même résistance contre le durcissement de l’esclavage salarié imposé par les puissances de l’argent !

Le travail tue,
Le travail crève,
Le temps s’achète
Au supermarché.
Le temps payé
Ne revient plus,
La jeunesse meurt
De temps perdu !

Inspiré de la chanson « La vie s’écoule, la vie s’enfuit ».
CGTL2


Le travail,
y’en a
pas beaucoup…
Après 50 ans,
faut le laisser
à ceux
qu’aiment ça !

Inspiré par la chanson de Coluche « Conseil à un nourisson ».
CGTL2

Travailler après 60 ans ?
Mais pour produire quels biens et quels services utiles à la société ?

Il faudrait d’abord décider de ce dont nous avons besoin et ensuite se répartir le travail, selon nos envies, nos âges et nos compétences.

Mais ils ne veulent pas de cela !

Ils veulent simplement nous faire travailler plus longtemps pour augmenter leurs profits et nous enfermer plus longtemps dans leurs cages !

Conclusion

Nous disposons sur cette terre d’assez de compétences et de ressources pour nourrir, loger, soigner et éduquer toute la population humaine en y consacrant un minimum d’effort (quelques heures par semaine et par adulte suffiraient…).
Si nous échouons à satisfaire les besoins élémentaires, et ce, même dans nos pays dits « développés », c’est uniquement à cause d’un problème de répartition.
Car tous les biens, y compris les plus essen-tiels, sont répartis sur une base monétaire.
Or, pour la plus grande partie de la population, le travail salarié est le principal moyen d’acquérir la monnaie rendue si nécessaire. Mais ce travail ne répond pas aux besoins de la société puisque son sens et ses fruits sont détournés par ceux qui se sont accaparés les richesses et les pouvoirs.
Le marché n’est que le moyen d’accroître le pouvoir et la satisfaction des plus riches ! Eux n’ont pas acquis leur fortune par le salariat, mais par l’exploitation des salariés et par les arnaques financières et spéculatives. Le marché n’est que le moyen d’accroître le pouvoir et la satisfaction des plus riches ! Eux n’ont pas acquis leur fortune par le salariat, mais par l’exploitation des salariés et par les arnaques financières et spéculatives.

Tant qu’il y aura des milliardaires, il y aura la guerre !

Tant que l’on sacrifiera nos vies et notre bien-être à leurs profits, il nous faudra être insoumis !

La conquête démocratique de ce siècle sera d’enfin décider par nous-même de ce que nous voulons produire, des besoins que nous voulons satisfaire, des efforts et des ressources que nous sommes disposés à y consacrer.
Nous pourrions nous réapproprier ce monde, reprendre aux patrons notre temps et notre peine, reprendre aux publicitaires l’énoncé de nos désirs, reprendre aux églises et aux nations nos croyances et nos identités, reprendre enfin aux gouvernants, au marché et aux firmes, la maîtrise de l’emploi de nos vies.
Ces conquêtes ne se feront pas en un jour. Il faudra lutter pied à pied pour un monde meilleur. En attendant, refusons tout assujettissement supplémentaire au marché :

Refusons le recul de l’âge légal de départ à la retraite.

Et s’ils veulent nous l’imposer ?
Ah, mais dans ce cas, plus rien ne nous oblige à nous soumettre à leur esclavage salarié, plus rien ne nous oblige à payer nos impôts, plus rien ne nous oblige à rembourser nos dettes.
Plus rien ne nous empêche d’occuper les logements vides, de pratiquer les auto-réductions, de prendre le contrôle des routes et des dépôts, des centrales et des trains, plus rien ne nous empêche de nous organiser !