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Le temps des rires et des chants

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Le temps des rires et des chants

La compilation ici proposée résulte d’une sélection de textes rédigés du printemps 2008 à l’automne 2012 et publiés sur la page « chansons » du site Esprit68. Il s’agit pour la plupart d’adaptations ou de détournements d’air connus, mais on y trouve également des chansons composées sur des mélodies « originales ».
Plusieurs textes sont inspirés par des luttes locales, comme le combat contre l’aéroport de Notre Dame des Landes ou les actions menées autour du potager collectif des Lentillères à Dijon. D’autres titres évoquent des mouvements plus globaux qui ont agité le monde ces dernières années, comme la grève générale des Antilles, les mobilisations qui ont suivi la « crise » financière ou encore les révoltes du « printemps arabe ». D’autres textes enfin, sont des dénonciations plus intemporelles de la bêtise et de la laideur du monde marchand ou au contraire des évocations des beaux rêves passés, des chants d’espoirs et d’utopie.
Mais l’« utopie » n’est peut-être pas où on la croit. Car le véritable « pays de nulle part » pourrait être bien être le monde que nous renvoient nos écrans de télé, de smartphone ou d’ordinateur et qui ne survit plus qu’« à crédit » en fantasmant des richesses épuisées qu’il espère retrouver dans le futur. Hélas, ce futur hypothétique est déjà condamné par la rapacité du présent qui dévore ses propres enfants. Aussi les rêves des chansonnettes se révèleront peut-être plus réels que les cauchemars du présent.

TV Chronos mange ses enfants

A lire sur cette page d'Esprit68 ou sous la forme d'un livret imprimable de 40 pages, à télécharger ici , ou .

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Sommaire

La chanson du Pot'Col'le
Le chant des maraîchers
A bas pétrole et béton !
Vive le Général Ludd !
No Border
Nucléaire dégage !
¡ Ya Basta !
Guadeloupe partout, Grèce générale !
La télé nous ment
Supers-Pouvoirs
Vélo-Bolo
Hasta Siempre Makhnovtchina
Le père Vénère
Au temps d'Anarchie
Non, tout cela n’est pas qu’un rêve…
Fais de belles grèves Baby !
L'âme des anars

La chanson du Pot'Col'le

Le Pot'col'le comme on l'appelle...

Le Pot’Col’Le ou « Potager Collectif des Lentillères » est né en mars 2010, suite à une manifestation « fourche en main » de 200 personnes qui a débouchée sur le défrichage d’anciennes terres maraîchères que la municipalité de Dijon souhaite bétonner dans le cadre d’un projet d’ « éco »-quartier. Au fil du temps, le Pot’Col’Le a subi de nombreuses attaques mais il a résisté et s’est même enrichi de nouveaux potagers, de ruches et d’une ferme.
Cette chanson lui est dédiée. Elle se chante sur l’air de La chanson du CMDO (Conseil pour le maintien des occupations en 1968) – qui est aussi celui de Nos soldats à La Rochelle – et qu’on retrouve sur la compilation de chants révolutionnaires post-soixante-huitarde Pour en finir avec le travail.

Le Pot’Col’Le comme on l’appelle
C’est ce fameux potager,
Qu’armé-e-s de fourches et de pelles
Des ami-e-s ont défrichés.

Des navets par centaines,
Des carottes par milliers,
Des navets, des carottes, par centaines et par milliers !

Pour résister à l’appel
Morne du supermarché
Tous ces dijonnais rebelles,
Se sont mis à jardiner !

Des poireaux par centaines,
Des patates par milliers,
Des poireaux, des patates, par centaines et par milliers !

Mais gêné par la rengaine
De ces empêcheurs de bétonner
Le maire François Rebsamen
A voulu les expulser.

Des courgettes par centaines,
Des tomates par milliers,
Des courgettes, des tomates, par centaines et par milliers !

Le Quartier libre des lentillères

Sous l’assaut des tractopelles
« La Villa » a succombé,
Mais le potager rebelle
Continue à résister !

Voilà deux ans qu’il appelle
Le quartier à bien manger
En remplissant ses gamelles
De légumes à partager !

Des choux-fleurs par centaines
Des choux-raves par millier ;
Des choux-fleurs, des choux-raves par centaines et par milliers !

Nouveau couplet :
Cent nouveaux lieux se révèlent,
La ferme des maraîchers
Inaugure un archipel
De jardins et de ruchers.

Des salades par centaines,
Des radis par milliers,
Des salades, des radis, par centaines et par milliers !

La révolution, la Belle,
Agite le potager,
Elle pousse ses radicelles,
C’est l’affaire des jardiniers !

Des panais par centaines,
Des oignons, par milliers,
Des panais, des oignons, par centaines et par milliers !

Facultatifs :
Le vieux monde se craquelle
D’à peu près tous les côtés,
Quand le nouveau se révèle
Sous la bêche des jardiniers !

Des topis, par centaines
Des nambours, par milliers,
Des topis, des nambours, par centaines et par milliers !

Le chant des maraîchers

Les bêcheux...

Le texte ici proposé est une adaptation d’une vieille chanson de lutte anglaise intitulée « Diggers' song » et composée en 1649 par Gerrard Winstanley. Les « Diggers » – ou « bêcheux » en français – prônaient l’expropriation des seigneurs et le partage des terres. Certains voient en eux les premiers collectifs de squatteurs connus.
L’actualité de leur lutte a inspiré cette adaptation. Car si l’histoire récente du Pot’Col’Le à Dijon semble faire écho à leur chanson, c’est à l’échelle de la planète toute entière que se pose aujourd’hui le problème de l’accès à la terre. Et face aux injustices de l’ordre marchand, c’est partout dans le monde que de nouveaux « bêcheux » sont appelés à se lever.




Vous tous les maraîchers, tenez bon, tenez bon,
Vous tous les maraîchers, tenez bon,
Quand vous revendiquez, la terre à défricher,
Les flics sont embusqués, ils se sont rapprochés,
Maraîchers, tenez bon !

De pelles et fourches armés, tenez bon, tenez bon,
Vous avez défilé, tenez bon,
Vous avez défilé, pour votre potager,
La foule rassemblée vous a encouragé,
Maraîchers, tenez bon !

Ils détruisent vos maisons, tenez bon, tenez bon,
Ils détruisent vos maisons tenez bon,
Ils détruisent les maisons, laissées à l’abandon
Menacent de prison, plutôt que d’en faire don,
Maraîchers, tenez bon !

Le maire s’est réveillé, tenez bon, tenez bon !
Il veut tout planifier tenez bon !
Pour les riches rentiers, faire des éco-quartiers,
Les pauvres sont chassés, à qui donc se fier ?
Maraîchers, tenez bon !

Les promoteurs arrivent, tenez bon, tenez bon !
Les promoteurs arrivent, tenez bon !
Ils gagnent leur pognon, en coulant leur béton
Ils volent même votre nom, pour parquer les moutons,
Maraîchers, tenez bon !

Le profit est leur loi, tenez bon, tenez bon !
Le profit est leur loi, tenez bon !
Le profit est leur loi, le partage hors la loi,
Tout l’argent qu’ils emploient, la misère déploie.
Maraîchers, tenez bon !

Ils accaparent les terres tenez bon, tenez bon !
Ils vendent l’eau et l’air, tenez bon !
De scrupules privés, aux compagnies privées,
Avec rapacité, ils bradent la cité,
Maraîchers tenez bon !

Reprendre en main sa vie, tenez bon, tenez bon !
Cela commence ici, tenez bon !
Et sans propriétaire, ressusciter la terre,
Pour l’aimer toute entière, d’un amour libertaire,
Maraîcher gloire à vous !

A bas pétrole et béton !

Vinci dégage !

Ce titre est une adaptation de la chanson de Gilles Servat, La blanche hermine. La nouvelle version proposée est évidemment inspirée par la lutte contre l'aéroport de Note-Dame-des-Landes et par les autres oppositions au nécro-capitalisme en Bretagne et ailleurs. De Plogoff au Larzac, de Notre-Dame-des-Landes au Val de Suze, c'est un même esprit de résistance qui s’oppose aux folies techno-marchandes.

J’ai rencontré ce matin,
Sur la route de Grandchamps,
Une troupe de marins,
D’ouvriers de paysans :
« Où allez-vous camarades
Avec vos fusils chargés ? »
« Nous montons des embuscades,
Viens rejoindre notre armée ! »

Ils disent « Nous partons de Nantes
Pour rejoindre les renforts,
Qui à Notre-Dame-des-Landes
Combattent l’aéroport. »
Je leur dis que c’est folie
D’affronter l’ordre marchand.
Ils me disent que c’est folie
D’attendre encore plus longtemps.

Refrain :
La voilà la Blanche Hermine,
Vive la mouette et l'ajonc !
La voilà la Blanche Hermine,
A bas pétrole et béton !

Pour augmenter leurs profits,
Ils voudraient tout bétonner,
Emprisonner toute vie
Et abolir le verger.
Leurs ordures, leurs marées noires
Déjà nous ont envahis,
Nous combattons les pouvoirs
Qui flétrissent le pays.

Leurs déchets dans l’atmosphère
Nous étouffent lentement,
Leur industrie mortifère
Nous condamne sûrement.
Le cancer nucléaire,
Pendant cent mille et mille ans
Empoisonnera la terre
Et condamnera nos enfants.

Refrain

Un troupeau de bêtes à cornes
A fait fuir les policiers ;
Pour des condés qu’on encorne
Aux vaches nous sommes associés.
Nous entrons en résistance,
Nous lutterons pour la terre ;
Elles valent mieux nos existences
Que leur folie suicidaire !

Car de Plogoff au Larzac,
Et du Val de Suze à Nantes,
Se lèvent les contre-attaques
A la folie dominante.
Alors ils m’ont convaincu,
J’ai pris mon fusil chargé ;
Je suis parti de ma rue,
Pour rejoindre leur armée !

Refrain

Vive le Général Ludd !

Le général Ludd...

La révolte des luddites qui agita l’Angleterre dans les années 1811-1812 précède de 20 ans la première grande révolte des canuts Lyonnais. Les artisans luddites protestaient contre l’introduction des machines qui les privaient d’emploi et les condamnaient à la misère. Ils avaient pris l’habitude de présenter leurs revendications et de signer leurs actions sous le nom de « King Ludd » ou « Général Ludd ». Ce nom d’emprunt leur permettait d’éviter la répression, à une époque où le bris de machine pouvait être puni de mort.
Aujourd’hui, on désigne souvent sous le nom de « néo-luddites » ceux qui s’opposent aux nouvelles technologies et aux menaces qu’elles font peser sur la vie, la liberté et la conscience humaine. De fait, quand le progrès devient barbarie et offre de nouveaux moyens à la surexploitation de l'humain et de la nature, il faut faire appel à un héros invincible... présent en chacun de nous ! Avec ces nouvelles paroles, vous pouvez entonner sa chanson sur l'air de The triumph of the général Ludd, la chanson anglaise traditionnelle qui lui rend hommage et qui est notamment reprise par le groupe Chumbawamba (et également ici par The Fucking Buckaroos).




Tu te souviens sans doute du vieux Robin-des-bois,
Le héros des pauvres désigné !
Aujourd’hui les puissants triomphent et font leur loi,
Le sheriff et les riches ont gagné !

Mais un autre héros nous revient d’autrefois.
Pour la liberté il s’est armé.
C’est le général Ludd qui ranimera la foi
Dans le cœur de tous les opprimés.

Le monde du profit, l’industrie et l’emploi,
Transforment les humains en machines !
Ainsi les dominants plient toute chose à leur loi,
Et ils te font courber l’échine !

Les lumières de la science éclairent Hiroshima.
Le progrès devenu barbarie,
De la guerre de 14 jusqu’à Fukushima
Planifie ses modernes boucheries.

Pour les riches la technique est un cheval de Troie
Qui infecte le cœur de la vie,
Qui corrompt et détruit le monde qu’ils s’octroient
Pour réduire ton autonomie.

Codes-barres et circuits au plus profond de toi,
Te transforment en un robot docile.
Ton portable ou tes puces te fliquent où que tu sois,
Quand tu chattes comme un imbécile.

Si tu jettes ton smart phones, s’il te plait que ce soit
D’un lance-pierre pointé sur les flics !
Que la télévision que tu jettes du toit
Ecrase aussi la cybernétique !

Nous avons choisi Ludd pour partir au combat,
C’est le seul qui ne trahira pas,
Qui ne mourra jamais, car il n’existe pas,
En dehors du cœur de ses soldats !

Qui ne mourra jamais, car il n’existe pas,
En dehors du cœur de ses soldats…

No Border

No Border

Sur une mélodie originale, cette chansons évoque le fameux réseau No border pour rendre hommage aux luttes menées contre les expulsions et contre le racisme d’état.

Le pouvoir trace ses lignes sur la terre,
Construit ses murs ses frontières,
Et il faut que tu t’insères
Au sein de ses cases arbitraires.

Partout s’étend le désert,
Toujours les lignes se resserrent,
Expulsant ce qui ne sert
Au quadrillage planétaire.

Si tu ne peux pas t’y faire,
Apparaît une main de fer,
Cette poigne policière
Te reconduit à tes frontières.

De ta misère on se sert
Dans d’autres lieux, d’autres filières,
Ton errance est nécessaire
A cet ordre inégalitaire.

Situation régulière,
Situation irrégulière,
Ces illusions judiciaires
Déguisent une même misère.

Intégré mais solitaire,
Tu devras mendier ton salaire,
Tu as bien pour te distraire
Les illusions spectaculaires.

Dans cette vie mensongère,
On te dirige et on te gère,
On te donne un manager
Ta vie te devient étrangère.

Etranger à la nature,
A tes biens, à ta nourriture,
Etranger à ton futur,
A tes désirs à ta culture.

Mais enfin vient la colère,
Le dégoût pour cet univers,
Tu reconnais ta misère
Chez l’étranger, chez l’étrangère.

Rétention pénitentiaire,
Hystérie concentrationnaire,
Nous détruirons les frontières,
Nous abolirons les barrières.

Facultatif :
Les frontières à l’extérieur,
Et les barrières à l’intérieur,
Quand nous ouvrirons nos cœurs,
Nos vies deviendront no border.

Quand nous ouvrirons nos cœurs,
Nos vies deviendront no border.

Nucléaire dégage !

nucléaire dégage !

Les révolutions arabes du début de l’année 2011 ont popularisé un slogan qui est aussi un mot d’ordre simple à crier face à toutes les horreurs de la société techno-marchande et à tous ceux qui les administrent. Il est particulièrement bien adapté à l’horreur nucléaire …

Tchernobyl on n’en veut pas,
Fukushima on n’en veut pas,
Syndrome Chinois on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Hiroshima on n’en veut pas,
Nagasaki on n’en veut pas,
Fin du monde on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

La Tepco on n’en veut pas,
Areva on n’en veut pas,
EPR on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Tricastin on n’en veut pas,
Flamanville on n’en veut pas,
Fessenheim on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Cadarache on n’en veut pas,
Et La Hague on n’en veut pas,
Et Valduc on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Uranium on n’en veut pas,
Plutonium on n’en veut pas,
Et le Mox on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Les déchets on n’en veut pas,
Irradiation on n’en veut pas,
Contaminants on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Les cancers on n’en veut pas,
Mutations on n’en veut pas,
Godzilla on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Compteurs Geiser on n’en veut pas,
Pastilles d’Iode on n’en veut pas,
Abris sous terre on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Les experts on n’en veut pas,
Les menteurs on n’en veut pas,
Militaires on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

OGM on n’en veut pas,
Les nanos on n’en veut pas,
Gaz de schiste on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Gaspillage on n’en veut pas,
Faux confort on n’en veut pas,
Vrai misère on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Leur croissance on n’en veut pas,
Leur finance on n’en veut pas,
Leurs emplois on n’en veut pas,
Nucléaire dégage !

Cette société on n’en veut pas,
Elle ne nous laisse pas le choix,
Il faut lutter pour nos droits,
Nucléaire dégage !

Nucléaire dégage !


¡ Ya Basta !

Dégagez tous !

Cette chanson évoque sur une mélodie originale deux autres cris de révolte célèbres, le fameux « Ya Basta « des zapatistes et le « Que se Vayan todos » des piqueteros argentins.

Ils fabriquent les lois
Dont eux-mêmes se dispensent.
Ils décident pour toi
En toutes circonstances.
Ce sont les gouvernants
Qui veulent t’apprendre à vivre
Ca suffit maintenant,
Enfin tu te délivres.

Refrain :
Et tu leur dis « Ya basta »
« Que se vayan todos ! »
Tu rejettes leur état,
La misère qu’il t’impose.
Et tu leur dis « ça suffit ! »
« Et qu’ils s’en aillent tous ! »
Ta colère, ton défi
Vers la sortie les poussent.

Ils fréquentent les riches,
Sortent des mêmes écoles,
Mais ils se contrefichent
De tenir leur parole.
C’est une classe à part,
Une nouvelle noblesse,
Pousse-les au départ !
Qu’enfin tout cela cesse !

Refrain

Ils t’imposent de faux choix,
Afin que rien ne change
Et s’affrontent parfois,
Pour te donner le change.
Ils sont tous complices,
Amis des profiteurs.
Ils t’envoient la police
Lorsque tu cries trop fort !

Refrain (En commençant par « Et que tu dis « Ya Basta »)

Les fausses solutions
Qu’ils donnent à tes problèmes
Sont dictées en fonctions
Des données du système.
La machine mondiale,
Qui garantit l’état,
Nourrit le capital
Et elle t’écrase toi !

Refrain (En commençant par « Mais tu leur dis « Ya Basta »)

Ils convoitent ta voix,
Et te font des promesses,
Ils se moquent de toi,
Et te maintiennent en laisse.
Mais vienne la tempête,
Les nouveaux ci-devant,
Seront dans leur défaite
Emportés par le vent.

Refrain (En commençant par « Car tu leur dis « Ya Basta »)

Guadeloupe partout, Grèce générale !

Guadeloupe partout, Grèce générale

La grève générale victorieuse débutée en janvier 2009 en Guadeloupe à l’initiative du collectif LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) puis étendue à la Martinique en février 2009 a redonné pour un temps de l’espoir aux mouvements sociaux en Europe, à une époque où la révolte grecque et la révolte islandaise laissaient espérer un sursaut général des peuples. Malheureusement les dominants ont depuis repris la main et sacrifient les dernières protections sociales à leur soif insensée de profits, tout en détournant la colère des peuples par une offensive réactionnaire planifiée. Cela ne nous empêche pas de rêver à un soulèvement généralisé en reprenant ce refrain en chœurs.

Amérique latine,
Afrique ou Asie,
De la Grèce à la nouvelle Calédonie,
Partout les émeutes
Contre la misère,
Tu vois qu’ça chauffe un peu partout sur la terre.
Ils sont tous comme toi
Victimes du systèm’.
D’l’Europe aux Antilles les enn’mis sont les mêmes.
Ceux qui accaparent
Pouvoirs et argent,
Il faut les virer avec les dirigeants.

Refrain 1 :
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Le capitalisme est en phase terminale !
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Il vient le moment de la lutte finale !

Chômeurs ou précaires
Tous dans la galère,
On a intérêt à êtr’ tous solidaires !
Ils veul’ nous monter
Les uns contr’ les autres !
Avec ou sans papiers tes misères sont les nôtres !
Tous ces décideurs,
Planificateurs,
Ils sont surtout les complices des profiteurs
Actionnair’, banquiers,
Tous faux-monnayeurs,
Il faut qu’le pouvoir revienne aux travailleurs.

Refrain 2 :
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Il nous faut maint’nant des actions radicales !
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
On va déborder les central' syndicales !

Cités en émeutes,
Révoltes en prison
Il faut maintenant se faire une raison,
On ne pourra plus
Changer d’direction,
On n’voit notre av’nir que dans l’insurrection !
Pas de compromis,
Ou de faux débats
Nous n’avons jamais eu d’acquis sans combat.
Au bout de la lutte,
Notre dignité,
Sera reconquise dans la fraternité.

Refrain 3 :
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Comme les ouvriers de chez Continental,
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
On va pas céder devant le capital !

Ils dis’ ça va mieux,
Espèr’ la reprise
Ils voudraient sortir l’économie d’là crise.
Mais c’est le marché
Qui crée la misère
C’est l’économie qui est notre cancer !
Ils crach’ les milliards
Quand ça les arrange
Ils mentent et ils trichent pour que rien ne change.
Les masqu’ sont tombés,
On peut plus les croire
Maint’nant c’est à nous d’enfin écrire l’Histoire.

Anarchie en Grèce

Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Comme les ouvriers de chez Continental,
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
On va pas céder devant le capital !
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Il nous faut maint’nant des actions radicales !
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
On va déborder les central' syndicales !
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Le capitalisme est en phase terminale !
Guad’loup’ partout, Grèc’ générale !
Il vient le moment de la lutte finale.



La télé nous ment

la télé nous ment

Encore une chanson sur la télé ? Avec La lucarnes à Blaireaux d’Éric Toulis, Sortez les poubelles de Tryo et surtout l’incontournable The Révolution will not be televised de Gil Scott-Heron, le sujet a déjà été abondamment traité… Mais une nouvelle chanson sur ce thème ne contrebalancera pas encore l’abondance de la pollution télévisuelle.





A la télé, les diffusions
De ces nouvelles émissions,
Nous révèlent leur vraie mission,
Préparer à la soumission
Les nouvelles générations.
Chacun sait qu’il sera jugé,
Observé, viré échangé.
Prêt à subir tous les affronts,
On sait que les jeunes seront
Sages et soumis à leur patron.
A Big Brother Academy
On te veut servile et soumis.
Pour qu’ils n’aillent pas revendiquer,
Aux jeunes on veut faire miroiter
Des rêves de célébrité.
On ne veut plus de vrais artistes,
On veut oublier qu’ils existent.
Leur potentiel de subversion,
Leurs rêves de révolution
Nuiraient à la consommation.

La télé nous ment,
La télé nous ment,
C’est la voix du gouvernement…
Elle endort les gens
De contes affligeants
Pour la paix des dirigeants.

Quand la bêtise est célébrée,
Les coquilles décérébrées,
Au comble de l’absurdité,
Aspirent à la célébrité
Pour afficher leur vacuité.
Ne rien savoir faire par soi-même,
Être dépendant du système,
La télé a bien insisté
Pour faire de toi un assisté,
Sans elle tu ne peux exister.
On va te dire quoi éprouver,
On va te dire comment rêver.
La télé manipulatrice
Te vend ses sentiments factices
Pour accroître ses bénéfices.
On va te dire comment penser
Et surtout comment dépenser,
Matraqué de publicité,
Amputé de ta liberté
Tout enfin te sera dicté.

La télé nous ment,
La télé nous ment,
C’est la voix du gouvernement…
Nous abrutissant
Du luxe indécent
Étalé par les puissants.
De catastrophes on nous régale,
Mais au 20h. tout est égal.
Les infos non assimilées
De nos consciences mutilées
Toutes bientôt vont s’envoler.
La colère est vite étouffée,
L’indifférence a triomphé.
Les pires horreurs seront gobées,
Potion médiatique absorbée,
L’esprit critique a succombé.
Gavé d’inutiles rations
De prétendues informations,
On fait triompher l’émotion,
Sans inculquer les vraies notions
Permettant la compréhension.
Pour manipuler l’opinion,
La misérable communion
Qui se joue le soir au 20 heures,
Tantôt fige dans la torpeur
Tantôt exacerbe les peurs.

La télé nous ment,
La télé nous ment,
C’est la voix du gouvernement…
La télé défend
Un ordre étouffant
Pour le pouvoir triomphant.

La mafia gouvernementale
Est gardienne du capital.
Pour leur bien-être médiatique,
Aux millionnaires, les politiques
Ont bradé l’espace public.
Libère le territoire des ondes,
Il appartient à tout le monde.
Envahis les plateaux sur l’heure
Prend en otage le vingt heure,
Remplace le commentateur.
Réveille les consciences endormies
Par la starac’ lobotomie
La télé a volé leur cœur
Révèle l’envers du décor
Du système qui nous écœure.
De la révolte soit le moteur
Secoue le téléspectateur,
Qu’enfin il devienne un acteur,
Rejetant tous les imposteurs
Les médiatiques dictateurs…
Qu’enfin il devienne un acteur,
Rejetant tous les imposteurs
Les médiatiques dictateurs !




A noter que cette chanson se chante sur une mélodie originale, qui, pour les couplets, a un petit air de ressemblance avec In the Deathcar d’Iggy Pop et Goran Bregovitch, la musique du film Arizona Dream de Émir Kusturica – titre parfois considéré lui-même comme un plagiat de la chanson corse Solenzara

Supers-Pouvoirs

Ils sont supers ces héros !

Cette chanson s’inspire du titre Spiderman de Robert Harris et Paul Webster, repris notamment par les Ramones. On peut également en faire un rap pour tout ou partie des couplets.



Tous ces super-héros
Sont de drôles de numéros
Ils vont faire la police
Soi-disant pour la justice
Mais le hic…
La justice ils l’oublient
Face à l’ordre établi
Au service du pouvoir
Vont leurs super-pouvoirs
Vendus aux financiers
Les supers justiciers
Sont des flics !

Ses deux ailes noires
Se déployant dans le soir,
Le chevalier sombre
Sur Gottham étend son ombre.
Mais la chauve-souris
Surtout aux riches sourit.
C’est un millionnaire
Qui n’est pas très débonnaire,
Il accroît sur terre
L’obsession sécuritaire.
Il fait attention
Attention aux possessions,
Va toujours aidant
Servilement les possédants,
Ne prend pas de gants
Avec les petits brigands.
Il livre à la foule
De pauvres voleurs de poules
Mais laisse impunis
Les véritables bandits,
Tous les tortionnaires,
Les brutes réactionnaires,
Les juntes militaires,
Les régimes autoritaires,
Les vrais affameurs,
Les riches accapareurs,
Et tous les gangsters
De la crise alimentaire !

Tous ces super-héros
Sont de drôles de numéros
Malgré tous leurs pouvoirs,
Ils font semblant de n’pas voir
La misère…
Jamais ils ne suppriment
Les vraies causes du crime !
Leur folle indifférence
Egale leur puissance,
Leur égoïsme ultime
Font que les vraies victimes
Désespèrent !

Son « S » associé
A sa poitrine d’acier,
Il vient de Krypton,
Même ses poils sont en béton.
Le temps d’un éclair
Il fait le tour de la terre.
Il est invincible,
Rien ne lui est impossible.
Mais malgré cela,
Il oublie les favelas.
Sur les bidonvilles,
Il ne construit pas de ville !
Il n’est pas question
De travaux d’irrigation,
Pas question pour lui,
De creuser de nouveaux puits.
Et il n’élimine
Ni la guerre ni la famine.
Sans résolution
Pour stopper la pollution,
Il laisse la terre
Se transformer en désert,
N’est pas l’adversaire
Des gaz à effet de serre.
Il ignore l’Afrique,
Tous ses pouvoirs vont au fric,
Ses dons surhumains
Aux nombrils américains.

Tous ces super-héros
Sont de drôles de numéros
Les fantasmes qu’ils révèlent
Nous en apprennent de belles
Sur nous-mêmes…
Ces héros sont des prismes
Pour tous nos égoïsmes,
Des rêves de puissance
Masquant notre impuissance,
Demi-dieux à la gomme,
Prisonniers que nous sommes
Du système !

Il a bonne presse
Et tous les enfants connaissent
Sa chanson par cœur,
Il a nom Peter Parker.
Sa loi a régné
Dans sa toile d’araignée.
Il est plus malin
Que tous les supers vilains.
Modeste pigiste,
C’est un fameux pugiliste
Mais un vrai poltron
Quand il parle à son patron.
Stupide et soumis
Face à la vraie infamie,
Il n’use pas de science
Pour libérer les consciences.
Dans sa toile échouent
De minables feuilles de chou,
De fausses infos
Pour berner le populo.
Qu’il soit résigné
Dans la toile d’araignée,
Ligoté de craintes
Et avide de contraintes.
La toile des médias
Accroît la paranoïa
Et le Spider Web
Est l’opium de la plèbe !

Vous les super-héros
Arrêtez vos numéros !
Redescendez sur terre
Pour l’urgence humanitaire,
Car demain…
La seule solution
C’est la révolution !
Sans vous nous la ferons,
Nous nous débrouillerons,
Pas besoin de pouvoirs,
Pour faire notre devoir
D’être humain !






























Vélo-Bolo

Les bolos c'est tout c'qui faut Vélorution

Cette chanson est écrite à la gloire du livre Bolo’Bolo ce génial mode d’emploi de l’utopie réalisable. Elle débute un peu comme l’horrible Allez viens boire un pt’it coup à la maison (à la place du bruit de bouteille débouchée, on a le bruit d’une sonnette de vélo !), mais après, ça ressemble plutôt à Ouvrez la cage aux oiseaux de Pierre Perret, dans une version qui serait chanté par Boby Lapointe ! Bref c’est une petite chanson rigolote et délirante… Dans son clip imaginaire, il pourrait y avoir des collages dans un théâtre de marionnettes, avec un type ou une fille qui pédale et la terre qui tourne sous ses roues, avec des « bolos » qui poussent de tous les côtés, et des baleines qui sortent des eaux pour tenir des AG…

Elle a fait le tour du monde sur son vélo,
Elle s’en est allée de Bolo en Bolo.
Sur son chemin les prolos
Se groupaient dans des Bolos,
Paysans et métallos,
S’était beau… (lo)

Au début pas de Bolo,
C’était pas très rigolo,
Pour l’argent le populo,
Polluait la terre et l’eau,
Il se tuait au boulot,
Pour de pauvres bibelots. (Mais…)
Pour accueillir la cycliste,
Mille Bolos sur la piste,
Se levèrent à l’improviste
Des ruines capitalistes,
Pour inviter la touriste
Utopiste…

Le capitalisme s’en va à vau-l’eau.
C’est ce que prêchait la fille sur son vélo.
Pour être enfin écolos,
Groupez-vous dans des Bolos,
Ce s'ra toujours moins ballot
Qu’vos boulots !

Les gens suivant son avis,
Reprenaient sans préavis,
Le contrôle de leurs vies,
Autogéraient leurs envies,
Par eux-mêmes enfin servis
Leurs vrais désirs assouvis.
La fille contait ses voyages
Dans un tout nouveau langage.
C’était la langue rebelle
D’avant la tour de Babel,
Poésie universelle,
La plus belle !

Elle a traversé les mers à pédalo,
Elle a rencontré baleines et cachalots.
C’était pas qu’une écolo,
Elle apportait sa philo,
L’autogestion sur les flots
Au mat’lots.

Les gens se nommaient Ibus,
Ils se groupaient en tribus,
Selon leurs affinités,
En totale liberté,
Créant la fraternité
Au sein des communautés.
Tous les jours sur le réseau,
Ils s’échangeaient des « hellos »
Mais comme ils vivaient plein’ment
Les rencontres évidemment,
Avaient un attrait plus grand
Qu’les écrans.

Heureux qui comme la fille sur son vélo,
A pu visiter sur terre mille Bolos,
A fait un si beau voyage
A vu mille paysages,
Est rentrée chez el’ très sage
Au village.
Quand Elle revint au pays
Où l’attendaient ses amis,
Un Bolo s’était levé
Pour fêter son arrivée,
Elle y fut félicitée
Et Elle put tout raconter !

Vous trouverez la morale
De cette histoire peu banale
:
En nous gît la solution
Pour faire la révolution
Dans notre imagination,
Nos actions !

Au refrain : Elle a fait le tour du monde sur son vélo, etc...

Il est beau mon bolo


Hasta Siempre Makhnovtchina

Makhno-che-guevara ?

Il s’agit d’un détournement de la chanson de Carlos Puebla à la gloire d’Enesto « Che » Guevara ici réécrite en hommage à Nestor Makhno et à la Makhnovchina…

Tu connais le nom de Guevara
Comment il vécut, comment il lutta
Nestor Makhno le précéda,
Ecoutes son histoire et tu verras !

C’est en Ukraine que Makhno lutta
Pour les paysans et les prolétaires,
Communistes, mais libertaires,
Ils bannirent le capital et l’état.

Refrain :
Pour tout l’espoir que tu donnas,
Ton souvenir refleurira,
Ton avenir Triomphera…
Relève-toi Makhnovtchina !

Ils avaient mené leur révolution,
Mais des pouvoirs ils se firent haïr,
Les bolcheviques les trahirent
Et préparèrent leur exécution.

Portant ton deuil tes drapeaux noirs,
Flottent encore dans quelques mémoires.
Ils font peur à tous les pouvoirs
Et accrochent des lueurs d’espoirs !

Refrain

Faux communistes, en Chine à Cuba,
Capitalistes dans tous leurs états,
Dictateurs, affreux potentats,
Makhnovchina partout vous combat !

Aussi descends de ton nirvana,
Dans ton caveau à Santa Clara,
Réveille-toi Che Guevara,
Et pars rejoindre la makhnovchina !

Second refrain :
Pour tout l’espoir que tu donnas,
Ton souvenir refleurira,
Ton avenir Triomphera…
Hasta Siempre Makhnovtchina !

Le père Vénère

Le père Duchêne illustré

Ce Père Vénère est une adaptation de la chanson Le Père Duchesne composée en 1892 en référence aux journaux révolutionnaires Le Père Duchesne ou Le Père Duchêne parus sous la révolution française, en 1848 et durant la Commune de Paris. En 1889, Emile Pouget fondera quant à lui Le père Peinard). On raconte que Ravachol chantait Le Père Duchesne en montant sur l’échafaud. Une version du Père Duchesne ouvre également la compilation de chansons révolutionnaires post-soixante-huitarde Pour en finir avec le travail.

Né en septante-deux, nom de Dieu,
Mon nom est père Vénère
Né en septante-deux, nom de Dieu,
Mon nom est père Vénère
Je n’srai pas chichiteux, nom de Dieu,
Je veux dédier ces vers, sang Dieu,
A Bonnot et Baader, nom de Dieu !
A Bonnot et Baade-e-e-er !

Si tu aimes le feu, nom de Dieu,
Deviens un incendiaire,
Si tu aimes le feu, nom de Dieu,
Deviens un incendiaire,
Embrase les banlieues nom de Dieu,
La racaille policière, sang Dieu,
Nettoie-la au Karcher, nom de Dieu !
Nettoie-la au Karche-e-e-er !

Si tu veux être heureux, nom de Dieu,
Fusille les actionnaires !
Si tu veux être heureux, nom de Dieu,
Fusille les actionnaires !
Mets les banquiers au feu, nom de Dieu,
Fous la finance en l’air, sang Dieu,
Sois révolutionnaire, nom de Dieu !
Sois révolutionnai-ai-ai-aire !

Ne sois donc plus merdeux, nom de Dieu,
Détruis ton manager !
Ne sois donc plus merdeux, nom de Dieu,
Détruis ton manager !
Coupe ton coach en deux, nom de Dieu,
Fous l’entreprise par terre, sang Dieu,
Et l’patron dans la merde, nom de Dieu !
Et l’patron dans la merde-e-e-erde !

Aux média crapuleux, nom de Dieu,
Déclare enfin la guerre !
Aux média crapuleux, nom de Dieu,
Déclare enfin la guerre !
Remplace les journaleux, nom de Dieu,
Pends les publicitaires, sang Dieu,
A tous les lampadaires, nom de Dieu !
A tous les lampadai-ai-ai-aires !

Le vieux monde est affreux, nom de Dieu,
On ne peux plus s’y faire !
Le vieux monde est affreux, nom de Dieu,
On ne peux plus s’y faire !
Nous lui disons adieu, nom de Dieu,
Nous bâtirons sur terre, sang Dieu,
L’idéal libertaire, nom de Dieu !
L’idéal libertai-ai-ai-aire …
L’idéal libertai-aires !

Salut à toi le Ravachol !


Au temps d'Anarchie

Au doux temps d'anarchie

Cette chanson est inspirée à la fois par le tableau de Paul Signac Au temps d’anarchie ( aussi intitulé Au temps d’Harmonie), achevé en 1895 et à la fois par la chanson de Paul Paillette écrite la même année et intitulée Heureux Temps, qui se chante sur l’air du Temps des cerises et qui a été reprise notamment par les Quatre Barbus. Le texte ci-dessous se chante cependant sur une mélodie originale lancinante et minimaliste.

Il est une fenêtre
Sur le temps d’anarchie,
Il est une butte verte
Et à jamais fleurie.
Elle nous appelle à naître
Nous appelle à la vie.
Il faut nous le permettre
Le doux temps d’anarchie.

Passez à la fenêtre
Qui mène à l’Anarchie.
La table y est offerte
Chacun y est servi.
Nul ne doit se soumettre,
Nul ne soumet autrui.
Il n'est ni dieu ni maître
En ce temps d’anarchie.

Mon amie es-tu prête
Pour le temps d’anarchie.
La joie nous est offerte
Profitons de la vie.
Donnons-nous à la fête,
Embrassons nos envies.
Passons par la fenêtre
Qui mène à l’anarchie.

Il est une fenêtre
Sur le temps d’anarchie
Une lucarne secrète
Sur un jardin fleuri.
L’âge d’or va renaître,
Renaîtra l’utopie.
Son aube va paraître
En ce temps d’anarchie.

L’âge d’or va renaître
Renaîtra l’utopie.
Son aube va paraître,
En ce temps d’anarchie.

Non, tout cela n’est pas qu’un rêve…

Mozart as a punk

Voilà une chanson dont la mélodie est construite à partir du deuxième mouvement de la sonate KV545 de Wolfgang Amadeus Mozart. La structure de la chanson n’est pas identique à l’original, puisqu'à l’inverse de la sonate, le thème plus mélancolique est placé en premier, pour que le thème plus « optimiste » puisse y répondre.

Quand nous n’aurons plus de forêt à tuer,
Quand nous n’aurons plus de mer à polluer,
Nous en viendrons enfin à brader
Nos vies, nos corps et notre intimité
Notre être en sa totalité.
La propriété au-delà de l’usage
A forgé les chaînes de notre esclavage.
Les titres de quelques actionnaires
Enlèvent au plus grand nombre ses droits sur la terre,
Le condamne à la misère.

Refuse la fatalité !
Le nouveau monde attend d’être habité.
Reconquiers enfin ta dignité !
En t’émancipant tu libères l’humanité
Et révèles sa vérité.

Impose le partage et l’équité,
Si les ressources sont gaspillées, si la terre est si maltraitée,
C’est que les richesses sont concentrées en quelques mains !
Pour garantir les lendemains,
Répartis le bien commun.

Quand de temps en temps on te pousse à voter,
Pour des programmes et des idées imposées,
Pour des gens que tu ne connais pas,
Qui font les lois que tu ne comprends pas
Mais qui s’imposeront à toi.
Dans cette usine qui ne t’appartient pas,
Tu produis des biens dont tu ne jouiras pas.
Rien n’est à toi et quoiqu’on en dise
Tu n’es toi-même rien d’autre qu’une marchandise,
Et on te rentabilise.

Refuse la fatalité,
Dans ton champs ton village ou ta cité !
A présent reprends ta liberté !
En t’émancipant tu libères l’humanité
Et révèles sa vérité.

Décide là où ta vie est ancrée,
De toutes les richesses à produire de la peine à y consacrer
Et pratique la démocratie au quotidien,
Pour désigner quels sont les biens
Qui combleront tes besoins !

On te réunit sous de fausses bannières,
On t’isole au sein de fausses frontières,
On t’impose de fausses prières.
Toutes ces identités arbitraires
Préparent les prochaines guerres.
On t’impose une fausse réalité,
Dans laquelle on voudrait te voir habiter,
Mais toujours en tant que spectateur,
Qui abandonne sa vie à quelques décideurs,
Complices des exploiteurs.

Refuse la fatalité !
Et dans le jeu de tes affinités,
Reconquiert ta propre identité !
En t’émancipant tu libères l’humanité
Et révèles sa vérité.

Cesse de vivre par procuration,
Donnée à télévision, à l’église ou à la nation.
L’existence est polluée par leur domination,
Trouve ta propre inspiration,
Ta propre illumination.

Non, tout cela n’est pas qu’un rêve,
Il ne tient qu’à nous qu’un nouveau jour se lève,
Pour rebâtir dans la dignité
Un monde qu’enfin nous puissions vraiment habiter,
Dans la paix la liberté,
Sans renier notre humanité…

Fais de belles grèves Baby !

Fais d'belles grèves baby 1 Fais d'belles grèves baby 2

Une chanson « pop » sur le thème « Faîtes l’amour, pas le travail », qui peut faire songer au slogan (G)rêve Général(e) employé lors de la mobilisation victorieuse contre le CPE en 2006.





Pas vu à la télé,
Mais vu à la manif,
Après le défilé
On est resté actif
. Com’ on était pas pressé,
On s’est tous mis à danser.
Nos regards se sont croisés
Et je suis venu t’aviser :

Fais d’bell’ grèves baby !
Fais d’bell’ grèves baby, oh oui !
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves baby, oh oui !

On s’est bien amusé,
C’était plutôt festif.
Puis tu m’as embrassé
Et tu m’as dit « j’te kiffe ! »
On est parti dégoter
Un coin pour se bécoter
Et on s’est si bien aimé
Qu’au matin je t’ai proclamé :

Fais d’bell’ grèves baby !
Fais d’bell’ grèves baby, oh oui !
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves ,
Fais d’bell’grèves baby, oh oui !

Ne plus aller bosser,
Pour le si bon motif,
Qu’on veut se caresser
Sur un mode intensif.
Passer son temps à s’aimer,
Plutôt que de consommer,
Continuer à lutter
A manifester, à chanter :

Fais d’bell’ grèves baby !
Fais d’bell’ grèves baby, oh oui !
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves baby, oh oui !

C’était une bonne idée,
En jouant collectif,
La grève nous a soudé
100 jours consécutifs.
L’gouvernement a cédé
Il nous a tout accordé
Les 35 heures, à l’année !
Mêm’ le droit de nous gouverner !

Fais d’bell’ grèves baby !
Fais d’bell’ grèves baby, oh oui !
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves baby,
Fais d’bell’ grèves baby, oh oui !
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves,
Fais d’bell’grèves baby, oh oui !

Fais d'belles grèves baby 3

L'âme des anars

<"Un

Il s’agit d’un détournement de la chanson de Charles Trenet, L’âme des poètes.

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les anars ont disparu,
Leur révolt' couve encore dans les rues.
Les jeunes gavroches des banlieues
Défient toujours l’ordre établi
Sans connaître le nom de Durruti.
On crie toujours morts aux vaches, aux flics
Aux keufs, aux schmitts ou aux condés.
Quand on est à court de répliques
On déterre les pavés...

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les anars ont disparu,
Leurs slogans recouvrent encore les rues.
Des murs lointains de la banlieue
Aux remparts de la capitale,
La révolte en lettres capitales,
Révèle encore la misère, l’injustice,
Dénonce les flics, l’autorité.
Au mur, un tag « nique la police »
Recouvre un « A » cerclé...

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les anars ont disparu
Leur esprit plane encore sur les rues.
Sans compromis, leur liberté,
Leur drapeau noir, effrayent toujours
L’autorité,
Bourgeois, vautours,
Et les condés...