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Page d'accueil > Lectures

Dernière mise à jour : 3 février 2015.

Cette page des lectures doit être distinguée de l’Infokiosque d’Esprit68. Contrairement à l’Infokiosque, on n’y trouvera pas de textes mis en forme par nos soins, repris en page html et prêts à être imprimés et diffusés, mais de simples fichiers pdf, de livres, de revues ou de bandes dessinées, le plus souvent créés par d’autres et accessibles ailleurs, que nous souhaitons simplement faire découvrir et présenter. C’est également ici que nous exposons les textes que nos lecteurs nous proposent. Cette page peut en somme être comparée à d’autres mini-bibliothèques du web, comme celle-ci, qui n’ont d’autres ambition que de présenter et de partager quelques ressources textuelles.

Derniers documents ajoutés :

Même pas drôle ! - Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy de Sébatien Fontenelle.

L'An 01 de Gébé.

Comment renverser les Illuminati ? par le GARAP

Classement par catégories :

Contre l'économie, contre la marchandise
La crise... Et après ?
Histoire, luttes et révoltes
Humour et révolution
Laideurs du monde moderne
Révolution, insurrection, grève générale et désertion

Par ordre alphabétique des documents :

Comment renverser les Illuminati ?, De L'étudiant au milieu de sa misère, La fabrique de l'homme endetté, La folle histoire du monde, L'An 01, L'incendie millénariste, L'invention de la crise, L'insurrection qui vient, Même pas drôle !, Quand les bonnes bombes tombent sur des méchants Quel voleur accepte qu'on le vole ? » Capitalisme et propriété privée, Qu’est-ce que la démocratie directe ? , Sortir de l'économie, Thèses sur le concept de grève, Tôt ou tard, la politique de l'autostop, Une histoire populaire de l'empire américain,

Contre l'économie, contre la marchandise
« Quel voleur accepte qu'on le vole ? » Capitalisme et propriété privée
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« Quel voleur accepte qu'on le vole ? » Capitalisme et propriété privée

Ce pamphlet de Nicolas Bon paru aux excellentes Éditions Pontcerq est une charge jouissive et érudite contre la propriété : « Mignot, éreinté, la gorge sèche, regarda tous ces corps transis et tous ces visages, qui se tenaient devant lui. La nuit était tombée. Le parking baignait dans la lumière criarde de lampadaires immenses. Personne n’osait rompre le silence. Le gantier referma sa sacoche, descendit finalement de sa chaire à quatre roues motrices et traversa lentement la foule, qui s’ouvrait devant lui, comme jadis la mer des Roseaux s’était ouverte devant Moïse. Bientôt il quitta le parc de stationnement du centre commercial, et la foule restait là, grelottante, interdite, à le regarder s’éloigner. C’est seulement lorsque la voiture de police banalisée s’arrêta à sa hauteur, et quetrois agents de la force publique se jetèrent sur lui, pour le cueillir, que les auditeurs retrouvèrent subitement leurs esprits et qu’ils coururent à sa suite, afin de le tirer des griffes de ceux-là, inaugurant ainsi la série de soulèvements populaires dont l’Histoire devait se souvenir comme de la glorieuse Révolution des objets trouvés. »

Sortir de l'économie

Sortir de l'économie : « Bulletin critique de la machine-travail planétaire » à retrouver ici par un collectif d'auteurs qui propose des analyses et des solutions concrètes pour sortir de l'économie marchande.

Sortir de l'économie n°1
Sortir de l'économie N°1

Au sommaire du premier numéro : La Religion de l'économie, Le sabotage comme sortie de l'économie, Jacques Ellul et le système technicien en sept thèses essentielles, des notes de lecture et des morceaux choisis...

Sortir de l'économie n°2
Sortir de l'économie N°2

Au sommaire du deuxième numéro : Sortir les Amap de l'économie, Le distribustime ou l'envoûtement logistique, Les SEL ou l'économisme pour la misère, De la souffrance au travail à sa réhabilitation ?!, notes de lecture et morceaux choisis...

Sortir de l'économie n°3
Sortir de l'économie N°3

Au sommaire du troisième numéro : Sur l'invention grecque du mot économie, Etre autonome matériellement pour être libre politiquement, Sur quelques communautés à perspective émancipatoire et la question de l'argent, Les communautés entre elles... et des notes de lecture...

Sortir de l'économie n°4
Sortir de l'économie N°4

Au sommaire du quarième numéro : La marchandise expliquée à mes enfants, Par où la sortie ? Réflexion critique sur le MAUSS, De la « lucha por Barcelona » à « el elogio del trabajo ». L'anticapitalisme des anarchistes et des anarcho-syndicalistes espagnols dans les années trente, Au-delà la Centrale de François Partant. Une critique du scénario de l'archipellisation dans un cadre autogestionnaire, Vous avez dit « monnaie » ? De l'origine sociale des monnaies aux formes monétaires contemporaines, Pour un archipel de lieux en propriété d'usage, par le collectif du CLIP, Critique du substantivisme économique de Karl Polanyi, Qu'est-ce que la « production » ? Historicité d'un concept, Le fétichisme comme inventivité sociale... et des notes de lecture !

La crise... Et après ?
La fabrique de l'homme endetté
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La fabrique de l'homme endetté – Essai sur la condition néolibérale

de Maurizio Lazzarato : En Europe, après d'autres régions du monde, la lutte des classes se déploie et se concentre aujourd'hui autour de la dette. La crise de la dette touche maintenant les États-Unis et le monde anglo-saxon, autrement dit les pays où sont nés non seulement la dernière débâcle financière, mais aussi et surtout le néolibéralisme.
La relation créancier-débiteur, qui sera au coeur de notre propos, intensifie les mécanismes de l'exploitation et de la domination de manière transversale puisqu'elle ne fait aucune distinction entre travailleurs et chômeurs, consommateurs et producteurs, actifs et inactifs, retraités et allocataires du RSA. Tous sont des « débiteurs », coupables et responsables face au capital, lequel se manifeste comme le Grand Créancier, le Créancier universel. Un des enjeux politiques majeurs du néolibéralisme est encore, comme le dévoile sans ambiguïté la « crise » actuelle, celui de la propriété, puisque la relation créancier-débiteur exprime un rapport de force entre propriétaires (du capital) et non-propriétaires (du capital).

Sortir de l'économie n°1
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L'invention de la crise

de Lukas stella : La crise n'est ni une fatalité ni un accident de parcours mais une invention qui permet au capitalisme financier de parfaire sa domination en usurpant tous les pouvoirs. Il s'agit maintenant d'appréhender le système sous tous ses aspects et dans toute la complexité de ses interactions. Le règne de l'exploitation et de la servitude, des séparations guerrières et des arnaques mafieuses paraît se réduire aujourd'hui au scenario d'une catastrophe programmée.

Histoire, luttes et révolte
Qu’est-ce que la démocratie directe ?
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Qu’est-ce que la démocratie directe ? – (Manifeste pour une comédie historique)

Le livre de Fabrice Wolf, Qu’est-ce que la démocratie directe ? – (Manifeste pour une comédie historique), paru en avril 2010 aux Éditions ANTISOCIALES, a été récemment intégralement mise en ligne par ce même éditeur. S’appuyant sur des sources savantes, il propose une description très détaillé du système politique Athénien des Vième et IVième siècles avant l’ère chrétienne. Cet exemple historique nous montre combien le fonctionnement d’une véritable démocratie est éloigné du fonctionnement des régimes prétendument démocratiques de nos sociétés marchandes. Comme le note très justement Fabrice Wolf :

« Vingt ans après la spectaculaire unification du monde sous la glorieuse bannière de la Démocratie et de la Liberté, on ne trouve plus guère que quelques rares et étranges personnages, ayant perdu tout sens de la réalité, pour croire encore que cette « mondialisation » pourrait effectivement réaliser un jour son programme affiché, quand partout on constate qu’elle s’accomplit par le chantage et par le mensonge cynique, par l’usurpation et par le pillage, par la guerre et par la famine. Et dans les banlieues de Paris comme dans les bidonvilles de Buenos Aires, dans les ghettos de La Nouvelle-Orléans comme dans les faubourgs de Bagdad, dans les rues de Séoul comme dans les quartiers d’Athènes, « le peuple » prétendu « souverain » a compris que la « démocratie », concrètement, c’est la police, dotée d’un arsenal ultramoderne, au service du pouvoir absolu d’une caste vulgaire, arrogante et mesquine, mais propriétaire exclusive, par héritage ou par rapine, des plus immenses richesses, des plus colossales fortunes jamais accumulées : la bourgeoisie internationale.

Nous avons la chance de disposer à cet effet d’une traduction en français du maître ouvrage du grand savant danois Mogens H. Hansen : La Démocratie athénienne à l’époque de Démosthène, fruit d’un quart de siècle de recherches, qui nous offre la description, la plus complète et la plus précise qui ait jamais été faite, des principes et des structures d’un régime authentiquement démocratique.

C’est le grand mérite de Hansen que d’avoir montré toute la rationalité, toute la cohérence, et donc aussi toute l’étrangeté de l’organisation démocratique, si radicalement différente de ce que la société bourgeoise appelle fallacieusement « démocratie » que la moindre comparaison, fût-elle la plus prudente et scrupuleuse, vient instantanément confirmer le jugement portée sur celle-ci par la vieille critique révolutionnaire : "dans une démocratie directe, le peuple se gouverne effectivement lui-même, c’est-à-dire que chacun a le droit de participer à la prise de décision, tandis que dans l’autre, indirecte, au contraire, la seule décision que chacun a le droit de prendre, c’est de choisir ses décideurs." »

L'incendie millénariste
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L'incendie millénariste

par Os Cangaceiros

Passé le seuil de l’année 2012 et de sa fin du monde annoncée mais – au moins momentanément – reportée, il n’était pas étonnant que l’esprit du temps soit parcouru de nouveau tressaillements millénaristes. Notre époque, que beaucoup de commentateurs comparent aux sombres années 1930, peut également faire songer à la longue période de la fin du Moyen-âge, avec ses gigantesques révoltes paysannes, sa contestation inouïe de l'ordre établi et ses utopies extraordinaires. Et toujours ce thème de la fin du monde, qui côtoie celui de l'égalité enfin retrouvée entre tous les êtres humains. Mais en réalité, les mouvements millénaristes annonçaient surtout de la fin d'un ordre. Et de même que de la fin des croisades à la réforme protestante, l'ordre religieux et féodal a laissé la place à l'ordre marchand, aujourd'hui c'est cet ordre marchand qui est en passe de s'effondrer ou qui, du moins, demande à être dépassé, pour éviter la véritable fin du monde, désormais hanté par les menaces effroyables - climatique, nucléaire, énergétique, chimique - que la société techno-marchande fait peser sur lui. L'extraordinaire et fascinant ouvrage « L'incendie millénariste » publié en 1987 par le groupe Os Cangaceiros nous permet de mieux appréhender, cette fin d'un monde que la plupart d'entre-nous aurons à affronter.
Os Cangaceiros (en référence aux fameux bandits brésiliens) est un groupe clandestin autonome des années 1980 qui a mené son action au croisement de la littérature et de l'action directe en publiant à la fois des ouvrages très érudits comme « L'incendie millénariste » et les plans complets de plusieurs prisons françaises (dans un ouvrage intitulé « Treize mille belles »). Le groupe s'est dissous au début des années 90 en échappant à la police et en abandonnant la plupart de ses livres dans des lieux publics.

L'incendie millénariste ou la volonté des pauvres de réaliser la religion sur terre...

Comme l'indique l'historien Norman Cohn : « Quant aux groupes millénaristes anarcho-communistes qui fleurissent vers la fin du Moyen-Âge, ce fut toujours au milieu d'un mouvement social bien plus large qu'ils apparurent au grand jour. C'est le cas de John Ball et de ses partisans dans la Révolte des paysans anglais de 1381 ; des Taborites et des Adamites au cours de la révolution hussite de Bohème en 1419-1421 ; de Thomas Münzer et de la Ligue des Élus dans la révolte des paysans allemands de 1525 ; et c'est tout aussi vrai pour les Anabaptistes radicaux de Münster. »
Et comme le précisent les membres d'Os Cangaceiros : « Ces communautés se distinguaient par la mise en commun de tout et par le refus du travail. » . Parfois même par le refus des vêtements comme les fameux « adamites ». Et aussi par leur propension à l'amour libre et à la transgression de tous les interdits, dans un cadre qui imposait paradoxalement de dures ascèses spirituelles.
Il ne s'agit pas de faire l'apologie de ces mouvements qui furent souvent très violents, et « L'incendie millénariste » s'en garde bien. Les révoltés de la fin du Moyen-âge poussaient très loin leur volonté d'émancipation, mais en restant toujours dans un cadre de pensée « religieux ». Et finalement ce qui a triomphé ce n'est pas leurs extraordinaires utopies, mais plutôt un autre cadre de pensée, le cadre « économique », avec le triomphe marchand de la Renaissance. Nous sommes toujours dans ce cadre « économique ». Dans quelques siècles, si l'humanité n'est pas anéantie, nos réflexions « économiques » actuelles, nos problèmes de dettes, de profits, de rentabilité etc. paraîtrons sans doute aussi absurdes ou incompréhensibles à nos descendants que, pour nous, les problèmes de grâce, de péché originel, de paradis perdu des millénaristes.

Aujourd'hui de nouveaux mouvements de lutte apparaissent qui risquent précisément de reproduire les mêmes impasses que les millénaristes, car ils pensent leur émancipation en termes économiques alors qu'il faut en finir avec l'économie, comme avec la religion. Mais quel autre cadre de pensée mettre à la place ?

Il semble encore loin ce temps d'anarchie,
Mais, si loin soit-il, nous le pressentons.
Une foi profonde
Nous fait entrevoir ce bienheureux monde
Qu'hélas notre esprit dessine à tâtons.
Il semble encore loin ce temps d'anarchie,
Mais, si loin soit-il, nous le pressentons.

Heureux temps, Paul Paillette.

Une histoire populaire de l'empire américain

Une histoire populaire de l'empire américain

Howard Zinn (1922-2010) est un historien et un politologue américain qui, tout au long de sa vie, s’est engagé dans le mouvement pour les droits civiques, contre la guerre du Vietnam et pour la désobéissance civile. Son expérience de pilote de bombardier durant la deuxième guerre mondiale, lui a inspiré un durable dégoût de la guerre et un indéfectible engagement pacifiste. Lui-même d’origine modeste, il s’est attaché à décrire la vie et les combats des oubliés du rêve américain. Sa monumentale Histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours prend à contre-pied les grands mythes de la nation américaine et rappelle les luttes concrètes des femmes et des hommes de ce pays, indiens, noirs, travailleurs pauvres, opposants à la guerre et à la domination capitaliste, patriarcale et raciste. Sous le titre Une histoire populaire de l’empire américain, le monument d’Howard Zinn a été adapté en bandes-dessinées par Paul Buhle, maître de conférence au département d’histoire et de civilisations américaines de la Brown University et le dessinateur Mike Konopacki. Cette bande-dessinée apparait comme un beau plaidoyer pour la convergence des luttes. A l’heure où les faux critiques s’emploient à diviser le camp des dominés, Zinn montre qu’historiquement, les combats contre l’impérialisme et les combats pour le droit des minorités constituent une seule et même lutte.

Sortir de l'économie n°1
Pour lire l'introduction
et le chapitre 1,
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Passé un avant-propos de Paul Buhle, le prologue ici présenté nous montre Howard Zinn consterné par la réaction des autorités américaines à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Cette réaction, qui consiste à pratiquer « le terrorisme de manière à "envoyer un message" aux terroristes » est une tragique négation des leçons de l’histoire. Elle est aussi une malheureuse constante de l’histoire de la politique extérieure des États Unis. C’est ce que Zinn va démontrer en évoquant les entreprises plus anciennes d’extension du pouvoir politique, économique et militaire américain. Le premier Chapitre est ainsi consacré à la constitution de « l’empire intérieur » américain. Il commence par évoquer le massacre de Wounded Knee qui marque en 1890 la fin de la résistance des indiens des plaines. Pour autant la clôture de l’empire intérieur blanc, qu’il consacre dans le sang, ne profite qu’à une minorité d’hommes blancs, les magnats du pétrole et du rail, qui se vantent, comme l’homme d’affaire Jay Gould, de pouvoir « embaucher la moitié de la classe ouvrière pour tuer l’autre moitié ». Mais tout en aidant les patrons à briser les grèves et en emprisonnant les syndicalistes, le gouvernement américain se lance dans une politique extérieure expansionniste, dans les Caraïbes, l’Amérique latine et le Pacifique, afin de contrer la récession économique de la fin du 19ième siècle.

Sortir de l'économie n°1
Pour lire le chapitre 2
et le chapitre 3,
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Le chapitre II de cette bande dessinée évoque la lutte indépendantiste cubaine menée contre les espagnols dans les années 1890 à travers les figures du général noir Antonio Maceo Grajales et du leader politique José Marti. Il montre comment les Etats-Unis, à la suite d’une campagne de propagande orchestrée par les magnats de la presse, s’engagent dans cette guerre. Mais le prétexte de la libération du joug espagnol ne peut dissimuler le cynisme des profiteurs de la guerre et les visées expansionnistes, impérialistes et racistes, révélés par la dissimulation des faits d’armes des soldats noirs américains, la dissolution de l’armée cubaine de libération et la transformation de Cuba en un protectorat américain. Le chapitre III rend compte de l’invasion des Philippines qui suit celle de Cuba en 1898. Le simulacre de guerre contre l’Espagne s’accompagne cette fois-ci d’accords secrets prévoyant de placer l’archipel sous administration militaire américaine. Le prétexte trouvé pour anéantir l’armée nationale philippine inaugure, sous occupation américaine, une succession d’atrocités et de troubles provoquant en quelques années la mort d’au moins 200 000 philippins. La résistance désespérée des indigènes est illustrée par l’extermination lors de la « bataille » de Bud Dajo, en 1906, de 900 membres de la tribu Mojo, hommes, femmes et enfants, retranchés dans une cuvette, par les troupes américaines menées par l’infâme Léonard Wood, auparavant grand massacreur d’apaches. Cruelle ironie de l’histoire, les soldats américains accusés de torture à la prison irakienne d’Abou Ghraib, avait justement été « formés » au « fort Léonard Wood ».

Sortir de l'économie n°1
Pour lire le chapitre 4
et le chapitre 5,
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Le chapitre IV de cette bande dessinée montre comment, à la suite de l’invasion des Philippines en 1898, les dirigeants américains utilisent plus spécifiquement les interventions extérieures comment moyens d’atténuer l’agitation sociale interne. Après la révolution mexicaine de 1911 et la récession économique qui suit, cette agitation s’amplifie, notamment à l’occasion de la grande grève des mineurs contre la famille Rockefeller en 1913, qui entraine le massacre de Ludlow perpétrée par la garde national. La 1ère guerre mondiale est alors une aubaine pour les banquiers et les industriels américains, comme pour les états impérialistes qui élaborent en secret le nouveau partage du monde. La résistance interne à la guerre, suscite une violente répression débouchant sur l’emprisonnement des leaders socialistes et des syndicalistes, la persécution des objecteurs de conscience, des minorités religieuses non-violentes et des féministes. Dans le chapitre V, la peinture des années de l’après-guerre permet à Howard Zinn d’évoquer sa propre histoire, depuis son enfance dans un quartier pauvre de Brooklin, jusqu’à l’éveil de sa conscience de classe, suite à l’exécution des anarchistes Sacco et Vanzetti, et à son expérience des misères du salariat et de la brutalité policière.

Sortir de l'économie n°1
Pour lire le chapitre 6
et le chapitre 7,
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Le chapitre VI permet à Zinn d’évoquer sa jeunesse dans les années 40 à Brooklyn, son travail aux chantiers navals, son engagement syndicaliste et antifasciste qui le conduit à rejoindre l’armée de l’air et à s’embarquer sur les bombardiers américains. Il y est confronté à la ségrégation raciale et à la question de la signification de l’engagement militaire américain. C’est aussi l’occasion pour lui d’évoquer la mémoire du chirurgien noir américain Charles Drew, inventeur à cette époque des banques du sang et qui, malgré les milliers de vies qu’il permit de sauver, dut faire face au ségrégationnisme de l’armée ou encore de rappeler l’odieuse décision d’internement prise par le gouvernement Roosevelt, à l’encontre des citoyens d’origine japonaise, hommes, femmes et enfants, nés aux États-Unis. Durant la deuxième guerre mondiale, les États-Unis renforcent leur emprise sur le monde et s’octroient notamment un contrôle sur le pétrole du Moyen-Orient par leur alliance avec l’Arabie des Saoud. Prenant conscience des soubassements impérialistes des interventions américaines, Zinn, contraint de larguer du napalm sur Royan, forge à cette époque ses convictions pacifiques, alors même qu’une bombe atomique, larguée sur Hiroshima principalement pour impressionner l’Union Soviétique, tue 100 000 civils et en blesse 100 000 autres. Dans le chapitre VII, Zinn montre comment les « émeutes du swing », les « danses interraciales », les débordements du jazz et du rock’n’roll, permettent à la jeunesse de l’après-guerre de s’opposer à l’ordre moral requis pas la guerre froide et par la chasse aux sorcières communistes lancée par le sénateur Mac Carthy.

Sortir de l'économie n°1
Pour lire le chapitre 8
et le chapitre 9,
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Le chapitre VIII permet à Zinn d’évoquer la lutte antiségrégationniste à laquelle il a lui-même participé à l’université. Dans les années 60, la question raciale recoupe la question de l’engagement américain au Vietnam, d’autant que les États-Unis emploient de nombreuses recrues noires. Les atrocités commises par l’armée américaine, comme le massacre de My Lai et le racisme des officiers blancs suscitent de nombreux actes d’insoumission. Le chapitre IX montre comment la résistance intérieure à la guerre et la lutte des minorités prend le relai du mouvement des droits civiques qui s’achève à la fin des années 60.

Sortir de l'économie n°1
Pour lire le chapitre 10
et le chapitre 11,
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Dans le chapitre X, Zinn évoque l’action de son ami Daniel Ellsberg qui contribue à l’arrêt de la guerre du Vietnam, en révélant les documents secrets prouvant l’ingérence américaine dans le pays dès les années 50. Le scandale du Watergate, la chute de Richard Nixon et le désengagement américain du Vietnam ne met cependant pas un terme aux visées impérialistes américaines. Le chapitre XI évoque les origines de la révolution sandiniste au Nicaragua en revenant sur l’histoire du leader Augusto Sandino. Dans les années 80, le gouvernement Reagan soutient la dictature au Salvador et arme les « contras » pour renverser les sandinistes au Nicaragua. Formés à la sinistre « École Des Amériques » par l’armée américaine, les unités du bataillon « Atlacatl » perpétuent en 1981 le massacre d’El Mozote au Salvador. Le scandale de l’« Iran Gate » révèle que les États-Unis finançaient les contras par des ventes d’armes à l’Iran, réalisées par l’intermédiaire d’Israël.

Sortir de l'économie n°1
Pour lire le chapitre 12
et l'épilogue,
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Le chapitre XII rappelle comment, dans le cadre de l’opération « Ajax », les États-Unis ont œuvré en 1953 pour renverser le premier ministre iranien Mohammed Mossadegh qui avait nationalisé le secteur pétrolier. Le shah Mohammed Reza qu’ils installent à sa place sera finalement chassé par la révolution iranienne de 1979 et l’avènement au pouvoir de l’ayatollah Khomeiny. Dans le cadre de la stratégie « Arc de L’Islam » les américains entraînent les islamistes radicaux, dont Oussama Ben Laden, pour combattre les soviétiques en Afghanistan. Les interventions en Irak en 1991 puis en 2003 provoquent la mort de centaines de milliers de civils. La torture, les manipulations, les mensonges et les atteintes aux libertés s’avèrent nécessaires pour poursuivre cet interventionnisme destructeur. L’épilogue vient néanmoins nuancer cette vision pessimiste en évoquant les victoires acquises au cours des dernières décennies et en rappelant que les changements extraordinaires et les rébellions inattendues surviennent toujours pour abattre des pouvoirs qui semblaient invincibles.

Humour et révolution (A revolution without laughing is not a revolution worth having.)
Tôt ou tard, la politique de l'auto-stop
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chapitres de ce livre,
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Tôt ou tard, la politique de l'autostop

Par Hervé Décauvin et Fabien Revard

Livre aussi subversif que drolatique, aussi sauvage que philosophique, Tôt ou tard – Politique de l’auto-stop est une machine de guerre lancée à contre sens sur le capitalisme. C’est une charge irrésistible et amorale, précise et roublarde, qui sape avec une joie féroce les fondements du vieux monde. C’est enfin un appel au terrorisme anti-marchand que chacun peut prolonger en levant son pouce et en agitant la main. Vous pourrez ici en lire les 140 premières pages… Sur la route, tôt ou tard et pour de vrai, vous découvrirez certainement les suivantes.

Laideurs du monde moderne
Comment renverser les Illuminati ?
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Comment renverser les Illuminati ?

Ce document publié par le Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne (GARAP) sous forme de brochure est une adaptation en langue française du pamphlet « How to overthrow the illuminati ? » réalisé par des camarades révolutionnaires étasuniens (membres ou proches de groupes comme « Black Orchid Collective », « Take Back the Bronx », « Creativity Not Control »). Différentes modifications y ont été apporté par le GARAP ainsi qu’un certain nombre d’ajouts à la version d’origine. Ainsi, plusieurs aspects historiques de la théorie du complot Illuminati sont précisés et/ou ajustés ; des éléments de l’analyse générale sont calibrés aux spécificités du déploiement du conspirationnisme en France. Au-delà, ce texte intéressera tout individu francophone qui souhaite connaître les origines, les ressorts, les promoteurs de cette funeste mystification et les arguments permettant sa nécessaire démolition. La théorie du complot Illuminati est le modèle-type de la camelote sous-fasciste. Kit idéologique de mauvaise facture, elle réclame, chez les clients qu’elle cible, les mêmes dispositions mentales que celles cultivées par le divertissement de masse. … En finir avec cette grotesque supercherie, c’est participer au nécessaire ménage que la conscience prolétarienne doit opérer en son sein. C’est aussi relier directement cette pollution mentale, et toutes les autres, au rapport qui les sécrète pour mieux s’y dissimuler : le capitalisme.

De l'étudiant au milieu de sa misère
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De L'étudiant au milieu de sa misère

Texte d'un collectif bisontin rédigé à l'occasion du contre-G8/G20 éducation et recherche un livret (de 68 pages) se proposant d'actualiser la critique de la condition de l'étudiant dans sa forme contemporaine. Cette critique entend prendre en compte l'avènement du virtuel dans l'existence quotidienne pour en saisir l'importance et en déjouer les conséquences. Livret disponible ici sous la forme d'un A4 linéaire, là sous la forme d'un A4 dont l'imposition pour livret a été effectuée et là sous la forme d'un A5 linéaire.

Même pas drôle
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La folle histoire du monde

Par Michel Bounan
Michel Bounan a été le dernier médecin de Guy Debord. Ses livres, parmi lesquels « La Vie innommable », « Sans valeur marchande », « Logique du terrorisme » ou encore « La folle histoire du monde » fourbis à la veine de la critique la plus radicale, sont de féroces attaques de la société marchande.
Dans La folle histoire du monde, Michel Bounan suggère que les différents types de civilisations qui ont succédé aux sociétés sauvages, sans église, sans état et sans argent, sont les symptômes de « maladies mentales » ou, du moins, de graves perturbations émotionnelles collectives. Ainsi, aux grands empires agricoles et aux diverses sociétés féodales correspondrait une névrose phobique, à la civilisation marchande et industrielle qui leur a succédé, une névrose obsessionnelle et enfin à l’actuelle société spectaculaire marchande une hystérie généralisée. On pourra être plus ou moins convaincu par cette explication « psychologisante », il n’en demeure pas moins que La folle histoire du monde propose des constats d’une effroyable lucidité sur le monde moderne, avec lesquels chacun devrait se confronter. Les perspectives évoquées par Michel Bounan, qui permettraient de sortir de la folie actuelle, paraîtront également effrayantes. Il se peut malheureusement qu’elles soient réalistes.

La folle histoire du monde
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Même pas drôle ! - Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy

Par Sébastien Fontenelle
« Même pas drôle » du talentueux Sébastien Fontenelle, initialement paru en 2010 et récemment mis en ligne sur le site des éditions Libertaria, est une implacable mise à jour des mensonges, des trahisons et de la mauvaise foi systématique de l'éditocrate Philippe Val. Ce cas d'école expose quelques-uns des procédés de falsification les plus courants des chiens de garde du pouvoir, près à toutes les bassesses et tous les revirements pour être enfin invité au banquet de leurs maîtres.

Quand de bonnes bombes tombent sur des méchants
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Quand les bonnes bombes tombent sur des méchants

Par Joe Sacco
Joe Sacco est un auteur de bandes dessinées d'origine maltaise, né en 1960 et travaillant aux États-Unis. Il s’est notamment fait connaître par ses deux albums Palestine : Une nation occupée et Palestine : Dans la bande de Gaza, qu’il réalise après un voyage de plusieurs mois en Palestine et Israël en 1992. Ces deux œuvres le désigneront comme l’un des principaux représentants du BD-journalisme, genre dans lequel il continuera d’exceller. De ses voyages en Bosnie entre 1995 et 1996, il tire Gorazde, la guerre en Bosnie orientale, Derniers jours de guerre et The fixer, une histoire de Sarajevo. Il retourne à Gaza en 2001 et en 2003 pour réaliser le très impressionnant Gaza 1956, en marge de l'histoire. Il se rend également en Inde, en Irak, dans le Caucase et à Malte pour réaliser Reportages, paru en 2011. En 2012 il publie avec le journaliste américain Chris Hedges Jours de destruction Jours de révolte qui décrit les zones des Etats-Unis surexploitées et dévastés par le système capitaliste.
Quand les bonnes bombes tombent sur les méchants, fait partie d’un recueil de Jo Sacco paru en France en 2004 aux éditions Rackham sous le titre Journal d’un défaitiste. Joe Sacco y traite de l’utilisation de la force aérienne contre les populations civiles. En retranscrivant sans commentaires les propos des responsables politiques et militaires qui ordonnent les bombardements, Joe Sacco révèle comment, passé les déclarations faussement humanistes au début des conflits se dévoile la logique inhumaine et terroriste des états.

Révolution, insurrection, grève générale et désertion
L'An 01
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L'An 01

Par Gébé

Il y a un peu plus de 40 ans Georges Blondeaux, dit Gébé avait eu la très bonne idée, celle de tout arrêter. Il avait quitter son emploi à la SNCF pour dessiner dans Politique Hebdo, puis dans Charlie Hebdo les raisons de ce choix et ce qui pouvait en résulter. Et puis un film a été tourné pour donner un peu de corps à cette merveilleuse utopie et, peut-être la rendre un peu plus réelle. Si ça avait marché nous en serions à peu près à l'an 42, ou peut-être qu'on ne conterait plus les années du tout. Malheureusement tout à continué. Mais qui sait, ce n'est peut-être pas encore trop tard... Il peut encore arriver l'An01.

L'insurrection qui vient
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L'insurrection qui vient

Par le Comité invisible.
On a beaucoup écrit sur L’insurrection qui vient. Passé l’enthousiasme suscité dans les milieux radicaux par sa parution en 2007, passé l’affolement médiatique provoqué par l’implication de ses supposés auteurs dans la vrai-fausse affaire de Tarnac, des critiques, parfois féroces lui ont été adressées. Récemment, L’insurrection qui vient a par exemple été épinglée dans un livre stigmatisant les limites de l’insurrectionnalisme. En 2009, l’autoproclamé pataphysicien Léo Scheer, avait même malicieusement suggérée qu’il ne s’agissait que d’une parodie de son cru.
Plus de 5 ans après sa publication il n’est pas inutile de porter un regard dépassionné sur ce livre quel que soient ses défauts. L’insurrection qui vient s’inscrit incontestablement dans la suite des textes de la revue Tiqqun et de L’Appel, qu’on regroupe parfois sous l’intitulé de « Tiqqounnerie ». Sous ce vocable moqueur, certains ont voulu dénoncer les dérives métaphysiques de la critique radicale, qui troquait le matérialisme et la lutte des classes contre la métaphysique d’Heidegger et les subtilités de la Kabbale Juive.
Mais L’insurrection qui vient, en abandonnant les références savantes de la revue Tiqqun, se montre moins abstraite, plus directe et plus percutante que les textes qui sans doute l’anticipent, et c’est très certainement ce qui a fait son succès. Si la presse bourgeoise l’a décrite comme un « bréviaire » anarchiste et insurrectionnel c’est parce qu’elle rassemble quelques idées somme toutes assez communes dans les milieux radicaux, sur l’impasse de la société actuelle et sur l’impossibilité d’une stratégie réformiste. On n’y trouvera cependant pas de conseils trop précis sur la manière de fabriquer des cocktails Molotov ou de dresser des barricades… Pas plus et, c’est malheureusement l’une des principales critiques (si l’on oublie l’emphase de certaines formules qui a certainement suscité des tentations parodiques) qui peut être adressée à ce livre, que sur l’organisation des « communes » à qui, selon lui, tout pouvoir doit échoir.

Thèses sur le concept de grève
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Thèses sur le concept de grève

Par l'Institut de démobilisation

Ce beau livre, paru aux excellentes Éditions Pontcerq, fait l'éloge d'une grève mythique et totale qui deviendrait à elle-même sa propre fin. Elle propose 24 thèses disposées en cercle (plus une thèse hors du cercle) qui caractérise cette grève. Ces thèses sont pour partie composées d'extraits détournés de Spinoza, Bataille, Arendt, Kafka, Benjamin, Marx, Protagoras, Deleuze/Guattari et d'autres encore, « qui ne parlent pas de la grève et parce qu'ils n'en parlent pas en parlent mieux peut-être que les textes en parlant ». Ce dispositif a pour but de produire dans la grève le monde nouveau, autrement inaccessible.