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Page d'accueil > Lectures

Dernière mise à jour : juillet 2015.

L'infokiosque :

Cet infokiosque est construit sur le modèle de la page des films et vidéos recommandés.

Il n’a pas vocation à concurrencer les infokiosques et autres bibliothèques virtuelles beaucoup plus fournis que vous pourrez trouvez ailleurs sur le net et vers lesquels nous voudrions tout d’abord vous renvoyer :

- L’indispensable Infokiosques.net où vous trouverez un vaste choix de brochures subversives à lire, à imprimer et à propager.

- BIBLIOLIB.net une bibliothèque libertaire, qui même si elle n’est plus alimentée propose un vaste choix d’ouvrage avec un classement par auteurs et un sommaire par thème

- Cette Bibliothèque libertaire virtuelle avec un très important catalogue de textes en français, ici.

Le catalogue complet de l’Infokiosque peut être consulté ici. Il sera périodiquement mis à jour. Vous trouverez ici un document qui donne quelques conseils pour imprimer et assembler les livres et les livrets de l’infokiosque.

Catalogue des livres et livrets de l'infokiosque d'Esprit68 Imprimer et relier

Notre choix s’est porté sur quelques classiques de la littérature subversive ou radicale, de l’écologie politique ou de l’utopie, mais aussi sur des textes moins connus ou non encore accessibles sur le Net.

Les textes sont hébergés à la fois sur ce site et à la fois sur un service d’hébergement gratuit de document pdf. Si Esprit68 n’était plus accessible, vous aurez donc toujours accès aux textes via le catalogue.
Pour accéder aux différents textes sous la forme de pdfs, cliquez sur le titre des documents classés dans l’ordre alphabétique ci-dessous.

Batman « The dark knight rises », film d'une époque version non imposée , version imposée
Beau comme une prison qui brûle version non imposée , version imposée
Bolo’Bolo version non imposée , version imposée
Comment mettre les pauvres au travail ? version non imposée , version imposée
Compilation « Critique de la Valeur » version non imposée , version imposée
Compilation de textes de Murray Bookchin version non imposée , version imposée
Compilation de textes situationnistes version non imposée , version imposée
Compilation mai 68 version non imposée , version imposée
Deux textes d’André Gorz version non imposée , version imposée
Deux textes de John Holloway version non imposée , version imposée
Éloge de l’oisiveté version non imposée , version imposée

Énergie et Équité version non imposée , version imposée
Éthique de l’habitat humain version non imposée , version imposée
La joie de la révolution version non imposée , version imposée
La propriété humaine et son dépassement version non imposée , version imposée
"La Société du Spectacle" suivie de "Commentaires sur la Société du Spectacle" version non imposée , version imposée
"La Société Industrielle et son avenir" suivie d'une critique de la démonstration de Kaczynski version non imposée , version imposée
L'abolition du travail - Travailler, moi ? Jamais ! version non imposée , version imposée
La démocratie aux marges version non imposée , version imposée
Le droit à la paresse version non imposée , version imposée
Les origines de la crise version non imposée , version imposée
Les sots râlent et la bourgeoisie se prélasse version non imposée , version imposée

Le temps des rires et des chants version non imposée , version imposée
Manifeste contre le travail version non imposée , version imposée
Manifeste pour les produits de haute nécessité version non imposée , version imposée
Misère de la fausse critique
– Comprendre comprendre l’empire version non imposée , version imposée
Nous sommes la crise du Capital et nous en sommes fiers ! version non imposée , version imposée
Propositions pour un code de la propriété humaine
et du partage humain version non imposée , version imposée
Quelques vérités sur les retraites version non imposée , version imposée
Sens, intérêt, limite et dangers de l'Équivalent Surface Universel et de l'Équivalent Universel Énergie – livre 1 version non imposée , version imposée
Une histoire de l’espace autogéré des tanneries (Dijon) version non imposée , version imposée
Utopies réalisables version non imposée , version imposée
Zone Autonome Temporaire version non imposée , version imposée

Pour la lecture à l’écran, vous trouverez dans le grand tableau qui suit un résumé de chaque texte et un lien pour le lire sur une page html spécifique. En plus de ces textes mis en pages par nos soins, nous vous proposons également sur une page « Lectures », d’autres textes, livres, revues et bandes dessinées, présentés par catégories, et téléchargeables sous forme de fichiers pdf. On les trouve ici.

Bonne lecture !

Classement par catégories pour la lecture à l'écran :

Contre l'économie, contre la marchandise
Contre le travail
Écologie, décroissance, critique de la société industrielle
Faux critiques, vrais réacs...
La crise... Et après ?
La révolution mode d'emploi
Par de là le vieux monde
Quelques productions issues du site Esprit68



Contre l'économie, contre la marchandise
BATMAN « THE DARK KNIGHT RISES », FILM D’UNE ÉPOQUE
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BATMAN « THE DARK KNIGHT RISES », FILM D’UNE ÉPOQUE

Parfois, des oeuvres particulièrement représentatives peuvent êtres révélatrices des mutations en cours de la domination et indiquer ses intentions prochaines. Batman, « The Dark Knight Rises », nous semble être de celles-là, qui non seulement révèle le nouveau monde que le capitalisme entend forger pour nous, mais encore l’idéologie qui doit le garantir et justifier ses horreurs et ses injustices. Ce film peut donc nous aider à mieux percevoir les dispositions actuelles de l’ennemi, pour nous permettre de mieux le combattre. C’est à cet effet que nous lui avons consacré ces quelques lignes.

COMPILATION« CRITIQUE DE LA VALEUR »
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Compilation « Critique de la Valeur »

Cette compilation de textes voudrait donner un aperçu de différents aspects remarquables de la « critique de la valeur ». La « critique de la valeur » ou « Wertkritik » en allemand, est une proposition théorique qui a pour ambition de renouveler la critique radicale de l’économie politique à partir d’une relecture de Karl Marx. Elle s’est développée à compter de la fin des années 1980, en Allemagne, en Autriche et en France, au sein des groupes et des revues Krisis et Exit, sous l’impulsion d’auteurs comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle ou Anselm Jappe. Elle est également représentée aux Etats-Unis, notamment par Moishe Postone.
La critique de la valeur envisage le capitalisme comme une forme historique de fétichisme, le fétichisme de la marchandise. Le sujet du capital n’est plus identifié à la bourgeoisie ou au prolétariat, mais plutôt au processus de valorisation capitaliste lui-même que bourgeois et prolétaires entretiennent mutuellement, sans toutefois en tirer les mêmes avantages. Le travail humain est critiqué comme une catégorie historiquement déterminée, dont la part abstraite détermine la valeur, qui doit être distingué de la richesse véritable et qui, devenant son propre but et imposant sa forme à la société toute entière, conduit à produire non pas ce qui est utile, mais ce qui est rentable. La wertkritik peut alors reprendre à Marx son expression de « sujet automate » pour désigner le processus autonome de production capitaliste, qui échappe aux grands capitalistes eux-mêmes, pour n’obéir qu’à sa logique propre.
La critique de la valeur permet d’identifier les causes du caractère inefficace, destructeur et injuste du capitalisme. Elle complète les analyses d’autres aspects de la domination, comme la critique du patriarcat, du racisme ou de la technologie et fournit des éléments convaincants pour comprendre la crise économique actuelle. Nous ne tenterons pas de détailler ici ses limites qui existent également. Nous souhaitons plutôt exposer les arguments, les tactiques et les stratégies que ce courant de pensée peut offrir ou suggérer dans la lutte pour l’amélioration des conditions d’existence et contre les menaces et les nuisances qu’entretiennent les différentes formes de dominations.

Compilation de textes situationnistes
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Compilation de textes situationnistes

Cette compilation a été réalisée afin de présenter au lecteur non spécialiste, quelques facettes remarquables de la production situationniste. Elle n'aborde pas le point de vue des situationnistes sur la crise de mai 1968 qui fait l'objet d'un autre livret intitulé « Compilation mai 68 ». Un troisième livret rassemble enfin le classique de Guy Debord « La société du spectacle » suivi des « Commentaires sur la société du spectacle » du même auteur. Avec ces trois livrets, le lecteur intéressé pourra donc accéder, à un panorama plus complet des écrits situationnistes.

Manifeste pour les produits de haute nécessité
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Manifeste pour les produits de haute nécessité

En février 2009, alors que la grève générale débutée le mois précédent en Guadeloupe, s’étend en Martinique, le poète Edouard Glissant et l’écrivain Patrick Chamoiseau publient avec 7 autres auteurs antillais ce « Manifeste pour les "produits" de haute nécessité », qui tout en affirmant sa solidarité pleine et entière avec le mouvement social en cours, lui trace la perspective plus large d’une contestation profonde de l’ordre planétaire marchand.
La « haute nécessité » dont il est ici question « est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain. ».
Ce manifeste prolonge ainsi le célèbre slogan « Lyannaj Kont Mwofitsayon » qui donna son nom au collectif LKP à l’origine de la grève victorieuse de 2009 et qui peut se traduire comme l’« entraide » et le « partage » contre le « profit » et l’« exploitation ».

La Société du Spectacle » suivie de «Commentaires sur la Société du Spectacle
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«La Société du Spectacle » suivie de «Commentaires sur la Société du Spectacle»

Révolutionnaire, écrivain et cinéaste français, Guy Debord (1931-1994) publie en 1967 La Société du Spectacle. La notion « Spectacle » dont il question dans ce livre, ne recouvre pas seulement l'activité des « médias de masse ». Il s'agit plutôt du « rapport social », « médiatisé par des image », qui est la conséquence du mode de production capitaliste et du fétichisme marchand. Le spectacle est « l'affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production ». Debord s'emploie à distinguer les différentes déclinaisons locales du Spectacle, du « spectaculaire concentré » présent dans les diverses formes de capitalismes bureaucratiques dont le stalinisme offre un exemple remarquable, au « spectaculaire diffus », présent dans le capitalisme plus « moderne » des « démocraties de marché ».
En 1988, Debord donne une suite à son livre : les « Commentaires sur la Société du Spectacle », texte pessimiste qui détaille les nouveaux perfectionnements de la domination spectaculaire. Le Spectacle se manifeste désormais par une nouvelle variété redoutable, le « spectaculaire intégré », qui aboutit à la propagation du mensonge généralisé, du secret, des complots et des mafias, couvrant l'aggravation des nuisances produites par le capitalisme, lesquelles en viennent à menacer la survie même de l'humanité.

Contre le travail
Bertrand Russel
Bertrand Russel
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Éloge de l'oisiveté

Bertrand Russel, 1872-1970, mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique est un digne représentant de la philosophie analytique, considéré avec Gottlob Frege, et Alfred North Whitehead comme l'un des fondateurs de la logique contemporaine. Il reçut par ailleurs le prix Nobel de littérature en 1950.
Mais ce docte professeur s’est également signalé par ses convictions socialistes et libertaires et par son engagement pacifiste qui lui valut plusieurs séjours en prison. Il s’opposa ainsi à la première guerre mondiale, lutta avec Albert Einstein contre le maccartisme et contre les armes nucléaires et fonda avec Jean Paul Sartre, le tribunal « Sartre/Russel », pour condamner les crimes de guerre perpétrés durant la guerre du Vietnam par l’armée américaine.
Sa verve de libre penseur lui inspira de féroces critiques de la religion. Dans Pourquoi je ne suis pas chrétien, paru en 1927, il écrivait : « J’affirme, en pesant mes termes, que la religion chrétienne, telle qu’elle est établie dans ses églises, fut et demeure le principal ennemi du progrès moral dans le monde. »… « L'idée de Dieu, avec tous les concepts qui en découlent, nous vient des antiques despotismes orientaux. C'est une idée absolument indigne d'hommes libres. La vue de gens qui, dans une église, s'avilissent en déclarant qu'ils sont de misérables pêcheurs et en tenant d'autres propos analogues, ce spectacle est tout à fait méprisable. Leur attitude n'est pas digne d'êtres qui se respectent. [...] Un monde humain nécessite le savoir, la bonté et le courage; il ne nécessite nullement le culte et le regret des temps abolis, ni l'enchaînement de la libre intelligence à des paroles proférées il y a des siècles par des ignorants. »…« La Bible dit : "Tu ne laisseras point vivre la magicienne" (Exode XXII, 18) [...] Les chrétiens libéraux de notre temps, qui continuent à soutenir que la Bible a une grande valeur morale, ont tendance à oublier de tels textes, et les millions de victimes innocentes qui sont mortes dans les supplices parce que les hommes de jadis réglaient effectivement leur comportement d'après la Bible. ».
C’est donc tout naturellement que Bertrand Russel s’attaqua à l’une des valeurs phare de la morale chrétienne : le travail. Il le fit avec une mordante ironie, dans ce cours essai intitulé L'Éloge de l'oisiveté (In Praise of Idleness en anglais) paru en 1932.

L'ABOLITION DU TRAVAIL - Travailler, moi ? Jamais !
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L'ABOLITION DU TRAVAIL - Travailler, moi ? Jamais !

Bob Black, né en 1951, est un théoricien américain de la paresse, qui peut être rattaché aux courants anarchiste et situationniste.
« L'ABOLITION DU TRAVAIL - Travailler, moi ? Jamais ! » trouve son origine dans une allocution prononcée par lui en 1980, révisée et complétée en 1985 et publiée en 1986 au sein d'une compilation de divers textes intitulée « The abolition of Work and other essays » et consultable ici en anglais.
Ce réjouissant pamphlet a depuis été traduit dans de nombreuses langues. Bob Black nous y explique avec simplicité et éloquence en quoi le travail « est la source de toute misère, ou presque, dans ce monde ».
Il fait remarquer que le milieu de l'entreprise, dans nos prétendues « démocraties », est aussi peu libre que les régimes qualifiés d'autoritaires ou de policiers et est soumis au même arbitraire dictatorial. Il montre en quoi le travail est un esclavage insensé, qui ne répond pas à nos véritables désirs et nos véritables besoins, mais ne fait qu'entretenir notre soumission au pouvoir des bureaucrates et des marchands.
Mais Bob Black prend soin de distinguer le travail - compris comme le labeur absurde et forcé - de l'activité. S'il faut selon lui abolir le travail salarié, cela ne signifie pas que nous devrions cesser de nous activer. Il faut plutôt remplacer le travail - quand il est utile - par la libre activité, qui prend la forme du jeu. C'est la raison pour laquelle Bob Black en appelle à une « révolution ludique » au cours de laquelle les enfants seraient davantage nos professeurs ou nos modèles que nos élèves.
Il conclut enfin son pamphlet par ce détournement de la célèbre formule de Marx et Engels : « Prolétaires du monde entier, reposez-vous ! »

Comment mettre les pauvres au travail
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Comment mettre les pauvres au travail ?

En 1697, alors qu’il est commissaire du commerce et des colonies, le philosophe anglais John Locke (1632-1704) considéré comme l’un des pères fondateurs du libéralisme, précurseur de la philosophie des « Lumières » et philosophe de la « liberté », présente un rapport qui doit répondre à la question : « Comment mettre les pauvres au travail, selon quelles méthodes et avec quels moyens? ».
Ce rapport lève le voile sur le revers hideux de la société marchande qui s’apprête alors à conquérir le monde, après avoir ravagé les campagnes anglaises. Quand Locke rédige son rapport, le commerce d’esclaves prend son essor entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. En Angleterre, le mouvement des enclosures est quant à lui terminé. Par la suppression des biens communaux et la clôture des parcelles, les riches propriétaires fonciers ont chassé des milliers de paysans de leur terre. Une armée de pauvres, prête à investir les nouvelles usines du capitalisme, s’est ainsi peu à peu constituée.
Que faire des pauvres ? Les faire travailler bien-sûr ! répond John Locke. Dans nos usines, sur nos bateaux ! Les hommes, les femmes et les enfants ! Il faut séparer les familles ! Et s’ils résistent, il faut les fouetter, les enfermer et leur couper les oreilles !
Une telle sévérité, de la part du bon « philosophe de la liberté », en étonnera plus d’un. Moins, peut-être, lorsqu’ils se rappelleront que John Locke était lui-même actionnaire de la Royal African Company, grande organisatrice la traite négrière.
Mais ce gentil philosophe, qui parle si bien des pauvres et de ce qu’il faut en faire (car il n’envisage pas un instant que ceux-ci puissent vouloir quelque chose par et pour eux-mêmes), oublie évidemment de s’interroger sur l’origine de la pauvreté. Car s’il posait la question « qui sont-ils tous ces pauvres » ? Il lui faudrait répondre : « Ce sont les gens que nous avons chassé de leurs terres, ce sont ceux à qui nous avons arraché leurs moyens de subsistances pour accroître notre propre puissance et notre propre richesse. Ce sont nos victimes, ce sont ceux que nous avons volés. Mais nous en voulons plus encore, nous voulons maintenant les contraindre à travailler pour les intérêts de notre société sous la menace du fouet, de la mutilation, de l’emprisonnement ou de la mort, nous voulons les punir, quel que soit leur âge et leur sexe, les humilier de toutes les façons possibles et rejeter enfin sur eux toutes les fautes dont nous nous savons coupables, mais que nous voulons cacher. »
Le libéralisme, l’autre nom de la dictature marchande, qui ose se parer du mot liberté et se présenter comme le prolongement d’un état « naturel » est bien cette monstruosité, qui doit être imposée par les canons et les sabres de l’état, puis maintenue par les prisons, les bagnes et les « maisons de travail ».

Paul Lafargue
Paul Lafargue
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Le droit à la paresse

Socialiste français, Paul Lafargue (1842-1911) est le gendre Karl Marx. Ancien communard, traducteur avec sa femme Laura des textes de Marx et diffuseur du marxisme en France et en Espagne, Lafargue fonde avec Jules Guesde le Parti Ouvrier en 1880. Son pamphlet « Le Droit à la Paresse », paraît cette même année. Paul Lafargue entend y démontrer que l’amour du travail est une folie qui cause le malheur de l’humanité. La prétendue « valeur du travail » n’est pour lui qu’un préjugé de la morale chrétienne, insidieusement inculqué au prolétariat dans l’intérêt de la bourgeoisie. Et de fait, aujourd’hui encore, au comprend bien à qui sont vendus les sinistres tartufes qui font mine de louer « la France qui se lève tôt », ou de réhabiliter « la valeur travail ». Lafargue pense – et c’est sans doute encore plus vrai à notre époque – que compte tenu du progrès humain, il suffirait à chaque individu de travailler trois heures par jour pour satisfaire les besoins essentiels de la communauté.
Quels enseignements tirer à notre époque de ce Droit à la Paresse ? La forme du pamphlet, divertissante mais parfois outrancière et datée, n’occulte pas une analyse malheureu-sement très actuelle mais encore incomplète. Car les charges réjouissantes de Lafargue contre le travail et ses sympathiques exaltations hédonistes, lui font paradoxalement manquer la critique plus générale du salariat. Lorsqu’il en appelle « à forger une loi d'airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour », Paul Lafargue n’envisage pas une société véritablement libérée. Son commandement autoritaire « une loi d’airain ! » révèle son acceptation implicite d’un salariat généralisé, « encadré » par un état autoritaire, organisant, par la contrainte légale, le « bien-être » de ces administrés. Ce « modèle » qui n’est guère différent de celui mis en œuvre dans l’ancienne Union « Soviétique » ne semble immunisé contre les dérives productivistes et stakhanovistes, que par un éloge rabelaisien de la paresse, faible rempart face à la volonté de puissance de n’importe quelle nomenklatura. Lafargue se dispense finalement d’envisager l’émancipation réelle des travailleurs, décidant par eux-mêmes des besoins qu’ils entendent satisfaire et des ressources et de la peine qu’ils entendent y consacrer. Le travail libéré n’a pas besoin d’être limité à trois heures. Il se déploie comme un jeu, en suivant les libres aspirations des individus.

Manifeste contre le travail
Paul Lafargue
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Manifeste contre le travail

Le groupe Krisis, fondée en 1986 autour de Robert Kurz, Roswitha Scholz, Ernst Lohoff, Franz Schandl, Norbert Trenkle est à l’origine du développement de la « critique de la valeur » ou « Wertkritik » en allemand, qui est une proposition théorique visant à renouveler la critique radicale de l’économie politique à partir d’une relecture de Karl Marx. Ce groupe s’est fait connaître au travers de livres collectifs, comme ce « Manifeste contre le travail » paru en 1999, qui synthétise sous une forme très claire et très accessible sa réflexion théorique radicale.
Ce nouveau « Manifeste » montre que le « travail », tel qu’on le conçoit habituellement est historiquement lié au capitalisme et qu’il a été violement imposé par les artisans de la domination marchande, ceux la même qui instaurèrent la traite négrière et l’enfermement des pauvres dans les « maisons de travail » anglaises. Il dénonce l’absurdité et la nocivité de sa dictature qui conduit à perdre de vue la finalité des activités humaines. Il propose enfin d’abolir le travail dans le cadre d’une reconquête des moyens de production par des fédérations mondiales d'individus librement associés, enfin émancipés de la gestion coercitives des états et de la tyrannie des marchés.
Ce texte peut enfin être lu en relation avec les autres textes de la compilation « critique de la valeur » disponible sur cet infokiosque, qui propose d’autres aspects remarquables de la « Wertkritik ».

Écologie, décroissance, critique de la société industrielle
Murray Bookchin
Murray Bookchin
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Compilation de textes de Murray Bookchin

Murray Bookchin (1921-2006) est un militant et essayiste américain qui a développé ses propres conceptions de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Son influence sur la pensée écologique et anticapitaliste américaine, s’étend sur le mouvement de libération kurde à compter des années 2000. Les quelques textes ici rassemblées donnent un aperçu des thèmes abordés dans l’ensemble de son œuvre. Bookchin insiste sur la portée critique, émancipatrice et révolutionnaire de l’écologie. Dès les années 1960, il dénonce les désastres causés par la croissance économique, pointe l’effrayant appauvrissement des milieux naturels qui en découle, et avance que la domination destructrice de l’homme sur la nature, découle de la domination de l’homme sur l’homme. Pour Brookchin la révolution écologique ne pourra advenir que par la mise en œuvre des idées libertaires et décentralisatrices.

André Gorz
André Gorz
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Deux textes d’André Gorz

Marqué dans sa jeunesse par le marxisme et l’existentialisme, André Gorz, 1923-2007, est un philosophe et un journaliste français, co-fondateur, en 1964 du Nouvel Observateur, sous le pseudonyme de Michel Bosquet. En 1971, sa rencontre avec Ivan Illich, confirme son intérêt pour l’écologie politique. A compter de 1973, André Gorz collabore au mensuel écologique Le Sauvage et développe dans des livres comme Écologie et liberté en 1977, Métamorphoses du travail en 1988 ou Misères du présent, richesse du possible en 1997, une critique de la rationalité économique, de l’idéologie du travail et du productivisme. Il plaide pour un partage du travail et pour l’attribution d’un revenu minimum universel indépendant de l’activité. Penseur de la décroissance, André Gorz s’est rapproché dans les dernières années de sa vie de la « critique de la valeur », ou « wertkritik », élaborée, au sein du groupe Krisis, par des auteurs comme Moishe Postone, Anselm Jappe ou Robert Kurz.
Richesse sans valeur, valeur sans richesse, est un entretien réalisé en 2005, repris dans le recueil posthume de textes d’André Gorz intitulé Écologica et paru aux Éditions Galilée en 2008. Ce premier texte témoigne de la réappropriation par Gorz de thèmes et catégories portés par la critique de la valeur, comme la forme marchandise, la survaleur ou la dimension historique du travail. Face à l’idéologie de la croissance et à la folie consumériste, Gorz pose deux questions essentielles : « de quel croissance avons-nous besoin ? » et « quand la société produit de plus en plus de richesse avec de moins en moins de travail, comment peut-elle faire dépendre le revenu de chacun de la quantité de travail qu'il fournit ? » Les quelques réponses apportées par Gorz, dénoncent la confusion entre augmentation du PIB et augmentation du bien-être, révèlent les métamorphoses du travail salarié et du conditionnement consumériste, relancent l’idée d’un revenu d’existence indépendant du travail, et, tout en anticipant l’actuelle faillite financière, évoquent l’incompatibilité de la nouvelle « économie de la connaissance » avec le capitalisme.
Initialement paru dans Entropia n°2 en 2007, Crise mondiale, décroissance et sortie du capitalisme est également repris dans le recueil posthume Écologica. Dans ce second texte, André Gorz s’appuie sur les théoriciens de la critique de la valeur pour décrire les incontournables limites du capitalisme qui rendent inéluctables ses crises actuelles. Mais pour Gorz, l’effondrement qui vient doit nous inciter à fonder une nouvelle civilisation « au-delà du salariat et des rapports marchands » dans laquelle nous ne serions plus « incapables de décider, voire de nous demander de quoi nous avons besoin en quantité et en qualité » où nos désirs et nos besoins ne seraient plus « amputés, formatés, appauvris par l'omniprésence des propagandes commerciales et la surabondance de marchandises ».

Ivan Illich
Ivan Illich
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Énergie et Équité

Ivan Illich, 1926-2006, a marqué l'écologie politique par sa critique de la société industrielle et des institutions. Prêtre catholique, il développe dès les années 60 une critique de l’Église institutionnelle, comparée à une grande entreprise formant et employant des « professionnels de la foi » pour assurer sa propre reproduction. Cette critique sera par la suite étendu au système scolaire – décrit dans son livre « Une société sans école », paru en 1971 – comme l’une des multiples institutions servant à stabiliser et à protéger la structure de la société qui les a produites. Ses écrits sur l’école, la santé, l’énergie, ses concepts de monopole radical, de contre-productivité ou de convivialité alimentent aujourd’hui encore toute une réflexion sur l’avenir de nos sociétés.
Énergie et équité, paru une première fois en français dans le journal Le Monde en 1973, a été par la suite complété, enrichi et traduit dans de multiples langues. Sa thèse fondamentale est que l’augmentation de la consommation d’énergie dans une société au delà d’une certaine limite, se traduit par un accroissement des inégalités, par une augmentation des diverses formes de contrôles, et par une diminution globale de la liberté. Permettre aux véhicules de dépasser une certaines vitesse, conduit paradoxalement à accroître le temps passé dans les transports, à désertifier le territoire et à renforcer les inégalités entre une minorité qui peut effectivement bénéficier des nouvelles possibilités offertes par les voyages à grandes vitesses, et la majorité qui en paie le prix au quotidien et manque autant de temps que d’espace.
Au cours de sa démonstration, Illich introduit sa notion de monopole radical de l’industrie, pour montrer comment le transport se développe au détriment du transit, c’est à dire en réduisant les possibilités de la locomotion libre et gratuite, et en imposant une locomotion capitalistique, devenue marchandise : « Dans un monde aliéné par le transport, l’usager devient un consommateur hagard, harassé de distances qui ne cessent de s’allonger. ».
Le chapitre 8 d’Énergie et équité est également l’un des meilleurs plaidoyers en faveur de la « Vélorution ».

La Société Industrielle et son avenir suivie d'une critique de la démonstration de Kaczynski
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La Société Industrielle et son avenir suivie d'une analyse critique de la démonstration de Kaczynski

Théodore Kaczynski a développé une critique radicale, qui, par sa clarté d’exposition, sa pertinence, son caractère synthétique et pénétrant, demeure l’une des plus importantes de notre époque. Il existe cependant de très bonnes raisons de ne pas en accepter tous les développements et surtout de contester au moins certaines de ses conclusions. C’est ce que nous avons voulu expliquer dans l’analyse critique qui suit le manifeste de Kaczynski. Enfin, deux textes complémentaires La nef des fous et Quand la non-violence équivaut au suicide, respectivement écrit en 1999 et 2000 sont présentés en annexe pour servir à étayer l’analyse critique.

Faux critiques, vrais réacs...
un sot râle
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Les sots râlent et la bourgeoisie se prélasse – Exécution sommaire des aboyeurs sous-fascistes

Comme d’autres manipulateurs réactionnaires, Alain Bonnet de Soral continue de tromper son monde par ses diatribes mystificatrices. Mis à part les gains personnels que ce pseudo intellectuel « dissident » espère sans doute tirer de son fond de commerce confusionniste, les mensonges qu’il distille n’ont d’autres buts que de détourner son public des luttes réelles. Ainsi, malgré les postures superficiellement rebelles qu’il arbore, Soral apparait très vite pour ce qu’il est : un serviteur de l’ordre établit, un garant du système qu’il prétend combattre.
Il est donc salutaire de démasquer ses impostures et de dénoncer l’indigence, les contradictions et les emprunts non assumés de son discours. C’est ce à quoi s’attèle ce texte, publié en juin 2009 sur le site du groupe Rapaces.

Misère de la fausse critique : comprendre comprendre l'empire
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Misère de la fausse critique – Comprendre comprendre l’empire

Ce texte consacré au livre d’Alain Bonnet de Soral « Comprendre l’Empire » a initialement été proposé sur la page « Commentaires, critiques et débats » du site Esprit68, dans le cadre d’une série d’analyses consacrée à divers avatars de « la fausse critique ».
La fausse critique d’Alain Soral est volontairement « confusionniste ». Elle sème la confusion dans les esprits pour tromper son public et le détourner des critiques plus authentiques. Soral ne vend pas du temps de cerveau disponible à Coca Cola comme Patrick Le Lay, mais prépare plutôt les cerveaux à la réception des mensonges d’une Marine Le Pen ou de tout autre récupérateur populiste ou proto-fasciste.
Son livre « Comprendre l’Empire » est une somme d’approximations et de contrevérités assez fastidieuses à dénoncer, mais pourtant révélatrices d’un certain « courant de pensée » et d’une certaine vision du monde, certes incohérente et irréaliste, mais susceptible néanmoins de fausser les jugements et de détourner l’attention des vrais problèmes. Cette vision n’a en soit aucun intérêt. Son seul caractère remarquable est qu’elle parvient à se concilier avec tous les poncifs classiques de l’extrême droite française, même ceux qui semblent à priori incompatibles. C’est peut-être là qu’il faut lui reconnaître son étrange cohérence, dans un espace purement idéologique et complètement déconnecté de la réalité : Le discours de Soral peut satisfaire n’importe quel sympathisant ou militant d’extrême droite, qu’il soit monarchiste, national-socialiste, catholique intégriste ou néo-paganiste, grand bourgeois BCBG ou bonehead buveur de bière, tout en étant capable de séduire et de tromper le lecteur non politisé et peu rigoureux. Ce n’est pourtant qu’une synthèse, parmi d’autres possibles, des absurdités constituant le fond de commerce de l’extrême droite, synthèse qui vise aussi sans doute à prendre le pas sur d’autres discours concurrents comme celui des « identitaires ».

La crise... Et après ?
Nous sommes la crise du capital
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John Holloway, « Nous sommes la crise du Capital et nous en sommes fiers ! »

John Holloway est né en Irlande en 1947. Professeur de sociologie à l’institut de Sciences humaines et sociales de l’université de Puebla au Mexique, ses réflexions sont notamment inspirées par le mouvement zapatiste.
Dans le texte court ici proposé et récemment prononcé aux États-Unis, Holloway explique que la crise actuelle est en réalité la crise de notre soumission au capital. Plutôt que de tenter de la résoudre, il faut la pousser à ses ultimes conséquences qui tiennent en une phrase, inspirée par le slogan des révoltes de l’année 2011 : « Capital, dégage ! »

Les origines de la crise
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Les origines de la crise

Ce texte rassemble une suite d'articles sur la crise financière, écrits par Yovan Menkevick et publiés du 5 au 14 novembre 2011 sur le site Reflets.info.
Cette compilation a le mérite de trancher avec les commentaires amnésiques des médias de masse, qui ont au contraire tout fait pour que le public oublie « les origines de la crise » et accepte sans broncher les fausses solutions - « rigueur budgétaire » et poursuite des politiques néolibérales de destruction du bien commun - présentées comme des évidences incontestables. Après avoir dévoilé les « origines de la crise » Yovan Menkevick peut ainsi conclure :
"Si vous avez bien suivi toute l'histoire vous avez compris que ce qui est appelé « crise » n'en est pas une : c'est un système qui s'est mis en place sur plus de 40 ans, s'est développé, a gonflé et est arrivé aujourd'hui à son paroxysme. Le discours sur la crise des dettes souveraines est aussi débile que de se plaindre de grossir tout en se bourrant de confiseries du soir au matin. Ceux qui détiennent la dette française étaient non-résidents à 32% en 1993, ils sont à plus de 65% aujourd'hui. Ce sont des fonds de pension étatsuniens, des compagnies d'assurance, des grandes banques, des hedge funds. Nos créanciers sont simplement ceux qui ont bouffé la planète. Ils nous dirigent, et par-dessus le marché ils spéculent sur la dette qu'ils ont participé à créer. Notre problème est d'avoir une dette publique à 82% parce que les dirigeants ont « oublié » de taxer normalement les multinationales pendant 20 ans tout en les laissant optimiser leurs profits vers les paradis fiscaux. Notre problème est d'avoir permis à nos dirigeants politiques de vendre nos pays à la finance internationale, d'avoir laissé les multinationales mettre en coupe la planète et dicter leur loi aux Etats. Notre problème est d'avoir laissé se répandre des produits dérivés de crédit à grande échelle, de la spéculation à tous les niveaux (qui affame des peuples quand elle touche les matières premières agricoles), se constituer des monopoles privés de géants industriels plus puissants que les Etats eux-mêmes, l'évasion fiscale vers les paradis fiscaux (avec blanchiment d'argent) devenir la règle des puissants, la volatilité des cours des valeurs boursières par la titrisation se généraliser."

Quelques vérités sur les retraites
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Quelques vérités sur les retraites

Un document édité par la Confédération Générale du Temps Libéré (CGTL), grâce aux chiffres du Conseil d'Orientation Révolutionnaire (COR). La réforme des retraites entreprise par le gouvernement français en 2010, doit s'interpréter comme une nouvelle offensive de la dictature économique contre la liberté et le bonheur du plus grand nombre. Elle vise à mettre au pas la population française en l'obligeant à travailler plus et plus longtemps, tout en détruisant les mécanismes de solidarité qui, depuis un peu plus de 60 ans, ont rendu supportable l'exploitation salariée.
...
Les quelques vérités rappelés dans ce tract publié en juin 2010 à l'annonce du projet de réforme des retraites et à l'approche du grand mouvement de contestation sociale qui devait conduire plusieurs millions de personnes dans les rues, n'ont d'autres buts que de faire apparaître la signification profonde de la prétendue réforme : accroître la soumission de la population français aux forces aveugles du marché.

La révolution mode d'emploi
Beau comme une prison qui brûle
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Beau comme une prison qui brûle - Londres : une émotion populaire en 1780 par Julius van Daal

On s'est beaucoup interrogé dans la presse bourgeoise, sur les motivations des émeutiers anglais qui ont si spontanément pillé et incendié la capitale londonienne au début du mois d'août 2011.
Ce que les pauvres commentateurs ont le plus souvent perdu de vue, c'est que le monde dans lequel on enferme les émeutiers anglais et la quasi totalité de la planète est si désirable qu'il semble que la meilleure des choses à faire soit d'y foutre le feu. Et la participation au système capitaliste marchand offre de si enthousiasmantes perspectives que rien ne semble plus désirable que la participation à l'émeute.
On a également oublié que ce genre d'émeutes est bien ancrée dans la tradition anglaise. C'est ce que nous rappelle le magnifique texte historique paru en 1994 aux Éditions de l'Insomniaque et attribué à un certain « Julius van Daal » (en fait le nom dont c'est affublé le collectif d'auteurs).
« Londres, juin 1780. Un impôt nouveau provoque un soulèvement populaire. D'emblée, les émeutiers s'attaquent aux symboles de l'ordre établi, notamment aux prisons auxquelles ils mettent le feu, non sans en avoir libéré les détenus. Pendant une semaine, la ville vit les débuts d'une véritable révolution sociale et politique, jusqu'à ce que le gouvernement fasse appel à l'armée qui écrase l'émeute dans le sang. »
« Beau comme une prison qui brûle » est le titre de ce texte, aussi flamboyant que subversif qui aura inspiré le fameux slogan repris par tous les esprits rebelles et avides de liberté.
Il nous montre que plus deux siècle plus tard, le déroulement de l'émeute, ses causes profondes, sa répression, suivent une même implacable logique. La différence tient peut-être à ce qu'aujourd'hui, c'est le monde entier qui prend des allures de grande prison, de centre de rétention vidéo surveillé... Un monde que l'on habite plus vraiment et dans lequel nous sommes tous des étrangers. Un monde que nous prenons plaisir à d'incendier - tolards que nous sommes - comme les prisonniers aiment à incendier leur prison.
Attention, le texte, comme le sujet dont il traite, est lui aussi « beau comme une prison qui brûle » !

Compilation mai 68
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Compilation mai 68

En proposant « Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations », et les documents qui lui sont associés dont « De la misère en milieu étudiant. » ainsi que « Le commencement d'une époque », cette compilation de textes présente le point de vue « situationniste » sur la crise de mai 68. Cette « Compilation mai 68 » peut-être lue en relation avec deux autres compilations « situationnistes » de cet infokiosque, « Compilation de textes situationnistes » et « La Société du Spectacle, suivie des commentaires sur la Société du Spectacles ».

John Holloway
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La démocratie aux marges

Connu du grand public pour son livre « Dette : 5000 ans d'histoire », dans lequel il plaide pour une annulation généralisée des dettes David Graeber (1961 - ) est un anthropologue et militant américain qui se rattache à la tradition anarchiste. Dans La démocratie aux marges, il montre que si la démocratie n’est pas qu’une affaire de mot, mais de pratique véritable, qui se manifeste lorsque des groupes humains prennent en charge leurs propres affaires par des prises de décisions égalitaires, alors elle n’est pas le monopole d’états prétendument démocratiques, bien au contraire ! La démocratie s’invente à la marge des états, sur les bateaux pirates qui élisent leur capitaine, dans les things suédois, les assemblées de village africaines, les conseils amérindiens, ou, plus récemment, au sein des communautés zapatistes du Chiapas. Les états reprennent certaines de ces pratiques à leur compte, sans toutefois favoriser leur réelle expression, et pour cause : les pratiques démocratiques sont incompatibles avec la nature coercitive de l’état.

John Holloway
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Deux textes de John Holloway

John Holloway est né en Irlande en 1947. Professeur de sociologie à l’institut de Sciences humaines et sociales de l’université de Puebla au Mexique, ses réflexions sont notamment inspirées par le mouvement zapatiste. En 2002 il publie « Cambiar el mundo sin tomar el polder. El significado de la revolucion hoy » paru en anglais la même année sous le titre « Change The World Without Taking Power » et enfin en français « Changer le monde sans prendre le pouvoir » aux Éditions Syllepse en 2007. Dans ce livre John Holloway tente de penser la révolution en dehors de la prise de pouvoir étatique. Il poursuit sa réflexion dans un nouveau livre intitulé « Crack Capitalism – 33 thèses contre le capital » paru en 2012 aux Éditions Libertalia.
Dans « Douze thèses sur l’anti-pouvoir », John Holloway reprend l’essentiel du matériel théorique utilisé dans son livre « Changer le monde sans prendre le pouvoir ». Il explique notamment que la construction d’un monde plus juste ne passe pas par la conquête du pouvoir étatique qui conduit inévitablement à soustraire aux êtres humains les moyens de contrôle sur leur vie. La véritable révolution réclame davantage une dissolution qu’une conquête du pouvoir. Plus précisément, elle implique que le « pouvoir-action », « l’activité » ou encore le « faire » ne soit plus subordonné au « pouvoir-domination ». C’est la lutte généralisée contre la domination qui doit permettre cette émancipation, même si, de l’aveu même de John Holloway, son issue reste incertaine.
Dans « Peut-on changer le monde sans prendre le pouvoir ? », il reprend l’interrogation de son livre de 2002, pour montrer que cette incertitude est notre point de départ. La révolution mondiale ne viendra pas d’un coup. Elle doit d’abord occuper les fissures pratiquées dans le système de domination capitaliste suite aux multiples rébellions qui l’ébranlent. Ce sont ces insubordinations qui doivent se multiplier et s’étendre, en créant pour elles-mêmes les nouvelles formes de relations sociales. Le mouvement pour l’autodétermination sociale, porté par l’extension de ces luttes, réclame la démocratie directe, le refus de l’état et de l’organisation capitaliste du travail. Il devra composer avec la répression étatique et créer lui-même les alternatives au capital et à l’état.


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La joie de la révolution

Ken Knabb est un théoricien radical américain né en 1945. Rallié aux idées anarchistes à compter des années 70, traducteur des œuvres de Guy Debord, il a largement contribué à la diffusion des écrits situationnistes aux Etats-Unis, notamment avec la publication en 1981 d’une anthologie de l’Internationale Situationniste.
Le site Bureau of Public Secrets, donne une bonne idées de la variété de ses contributions sur la contre-culture américaine, sur Wilhelm Reich, des poètes comme Georges Brassens, Gary Snyder, ou Kenneth Rexroth, sur la guerre du Golfe, la critique du bouddhisme engagé ou, plus récemment, sur le mouvement anti-CPE de 2006 en France et le mouvement américain Occupy Wall Street débuté en 2011, notamment dans sa déclinaison en Occupy Oakland.
Daté de 1997 et inséré dans la première partie du livre « Public Secrets », « La Joie de la Révolution » évoque les difficultés et les espoirs d’une révolution mondiale antihiérarchique. Tirant les leçons du passé, de l’échec du bolchevisme et du socialisme réformiste, considérés comme des variantes du capitalisme, Ken Knabb étudie les avantages et les inconvénients d'un large éventail de tactiques radicales, et évoque quelques traits caractéristiques d’une société véritablement libérée.


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Une histoire de l’espace autogéré des tanneries (Dijon)

Ce texte est extrait du livre « Constellations – Trajectoires révolutionnaires du jeune 21è siècle » paru en 2014 aux éditions de l’Éclat et rédigé par le collectif Mauvaise Troupe, qui rend compte d’une quinzaine d’années d’expériences concrètes de vie et de luttes. Ces témoignages sont également consultables en lyber sur le site des éditions de l’Éclat et sur le site https://constellations.boum.org/. L’extrait ici proposé revient sur l’histoire de « l’espace autogéré des tanneries », un squat politique ouvert à Dijon à la fin des années 90. Comme d’autres trajectoires décrites dans le livre Constellations, l’histoire des Tanneries montre comment un espace de contestation s’est peu à peu déployé pour offrir de nouvelles solidarités, proposer de nouvelles activités et constituer un appui des luttes en cours.

Par delà le vieux monde

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Bolo’Bolo

Bolo’Bolo est un essai écrit en 1983 par le mystérieux « PM », un écrivain suisse de langue allemande que l’on suppose né en 1946. Après avoir rappelé les horreurs bien connues de la « Machine Travail » planétaire, PM propose un nouvel agencement qui nous permettrait de lui échapper. Cet agencement repose sur les « bolos », des sortes de communautés productives, dotées d’une identité culturelle particulière, des « foyers d’appropriation des valeurs d’usage » susceptibles de se fédérer librement dans des ensembles plus vastes. Une nouvelle langue l’« Asa’Pili », est élaborée pour définir les éléments de bases du nouveau contrat planétaire qui lie les bolos entre eux.
« BOLO‘BOLO est l'une de ces manœuvres irréalistes, amorales et égoïstes qui détournent l'attention des luttes contre le pire. BOLO‘BOLO est aussi une modeste proposition pour un nouvel arrangement sur notre vaisseau spatial après la disparition de la Machine. ».
En 1998, Bolo’bolo a été enrichie d’une préface intitulée « La mort lente de l’économie », dans laquelle PM nous donne quelques indications sur les possibles manières de réaliser Bolo’bolo et sur la phase de transition qui doit nous y conduire.
Grand classique de l’utopie, Bolo’Bolo est un catalogue génial, une réserve d’idées lumineuses ou loufoques, une provision de solutions pratiques, que chacun pourra employer pour construire le nouveau monde !


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Utopies réalisables

Yona Friedman est un architecte né à Budapest en 1923. Il s’est notamment intéressé aux villes-ponts, à l’utilisation des techniques de constructions locales dans les pays en voie de développement et à différentes expériences d’auto-planification et d’auto-construction des bâtiments par leurs futurs usagers.
Dans « Utopies réalisables », écrit en 1974 et revu en 1999, il tente de construire une théorie des organisations sociales. Pour lui, les utopies apparaissent comme des remèdes à une insatisfaction collective. Elles peuvent devenir réalisables si elles obtiennent un consentement collectif. Yona Friedman s’attache plus particulièrement dans son livre aux « utopies sociales non paternalistes réalisables » qui sont, d’après lui, les formes d’organisations les plus stables et les plus réactives aux contraintes de l’environnement. Pour les décrire, Yona Friedman introduit le concept important de « groupe critique », selon lequel, un groupe ne peut plus assurer entre ses membres une communication conforme à ses buts, lorsqu’il dépasse une certaine taille, ce qui rend impossible la réalisation de toute utopie « universaliste ».
Utopies réalisables suscite des réflexions très intéressantes et esquisse de nombreux thèmes qui seront repris dans Bolo’Bolo.

Temporary Autonomous Zone ou Zone Autonome Temporaire
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Zone Autonome Temporaire (TAZ)

Classique de la littérature subversive, Zone Autonome Temporaire (ou TAZ, « Temporary Autonomous Zone » en anglais), est un essai du théoricien anarchiste Peter Lamborn Wilson surnommé Hakim Bey.
Qu’est-ce que la « ZAT » ou la « TAZ » ? Si Hakim Bey refuse de la définir précisément, on peut cependant avancer que la TAZ est un espace de liberté qui échappe au moins temporairement à l’emprise de l’état et à la tyrannie du pouvoir. C’est également une stratégie d’évitement, une tactique de disparition, qui prend acte de l’échec des révolutions « classiques » et vise à conquérir la liberté ici et maintenant, sans attendre un hypothétique grand soir, lequel pourrait d’ailleurs bien installer des pouvoirs encore plus terribles que ceux qu’il a balayé. Comme exemple de TAZ, Hakim Bey cite les « Utopies pirates » du XVIIIe, mais aussi le réseau planétaire du XXIe siècle, le « Web », ouvert et non hiérarchique, opposé au « Net » de l’armée et de la finance. Pour vivre heureuse, la TAZ doit vivre cachée. Elle doit échapper à l’œil du Spectacle qui toujours veut l’asservir aux logiques bureaucratique et marchande. La TAZ recherchera donc l’anonymat comme son promoteur Hakim Bey, dont les articles apparaissent ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou de documents téléchargeables.
« Un monde dans lequel la TAZ réussirait à prendre racine ressemblerait au monde imaginé par P. M. dans son roman bolo'bolo. »
Nous avoue Hakim Bey… Et certes, dans Bolo’bolo, PM proposait un ensemble de tactiques subversives permettant de détraquer la « Machine Planétaire-Travail » pour ouvrir en son sein de nouveaux espaces de liberté. Quels que soient les moyens envisagés pour multiplier et embellir les TAZ, le concept a conservé son potentiel de séduction, bien au-delà des milieux cyber ou techno dans lesquels il a conquis une popularité toute particulière, les free-party et autres teknivals pouvant être considérés à l’origine comme une forme possible de TAZ…

Quelques productions issues du site Esprit68
Éthique de l'habitat humain
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Éthique de l’habitat humain

Publié par Lucrèce sur Esprit68, Éthique de l'habitat humain a pour but d’entamer une réflexion sur les fondements et les moyens de l’éthique. Il définit l'éthique comme un ensemble de règles permettant à une communauté « d’agir au mieux » dans un habitat donné. Contestant les conceptions absolues du bien et du mal, il identifie l'éthique la plus générale à l'éthique de la communauté humaine au sein de l'habitat planétaire terrien. Il discute des relations de l'éthique la plus générale avec les éthiques particulières, établies en référence aux différents groupes humains.

La propriété humaine et son dépassement
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La propriété humaine et son dépassement

Cet essai d’Esprit68 doit être considéré comme un prolongement des réflexions précédemment engagées sur les thèmes de la propriété et de l’humanisation des ressources. Il envisage le droit humain de la propriété comme une revendication peut-être provisoire en vue de la réappropriation du monde… Ses principes pourraient constituer un instrument des luttes en cours pour la redistribution des richesses et du pouvoir. La propriété humaine serait en somme un but à poursuivre, qui pourrait être rendu superflu par les combats menés pour l’atteindre.

Le temps des rires et des chants
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Le temps des rires et des chants

La compilation ici proposée résulte d’une sélection de textes rédigés du printemps 2008 à l’automne 2012 et publiés sur la page « chansons » du site Esprit68. Il s’agit pour la plupart d’adaptations ou de détournements d’air connus, mais on y trouve également des chansons composées sur des mélodies « originales ».
Plusieurs textes sont inspirés par des luttes locales, comme le combat contre l’aéroport de Notre Dame des Landes ou les actions menées autour du potager collectif des Lentillères à Dijon. D’autres titres évoquent des mouvements plus globaux qui ont agité le monde ces dernières années, comme la grève générale des Antilles, les mobilisations qui ont suivi la « crise » financière ou encore les révoltes du « printemps arabe ». D’autres textes enfin, sont des dénonciations plus intemporelles de la bêtise et de la laideur du monde marchand ou au contraire des évocations des beaux rêves passés, des chants d’espoirs et d’utopie.
Mais l’« utopie » n’est peut-être pas où on la croit. Car le véritable « pays de nulle part » pourrait être bien être le monde que nous renvoient nos écrans de télé, de smartphone ou d’ordinateur et qui ne survit plus qu’« à crédit » en fantasmant des richesses épuisées qu’il espère retrouver dans le futur. Hélas, ce futur hypothétique est déjà condamné par la rapacité du présent qui dévore ses propres enfants. Aussi les rêves des chansonnettes se révèleront peut-être plus réels que les cauchemars du présent.

Code de la propiété et du partage humain
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Propositions pour un code de la propriété humaine et du partage humain

Ces « propositions pour un code de la propriété humaine et du partage humain » ont initialement alimenté l’essai d’Esprit68 consacré au droit de propriété. Elles constituent en quelque sorte la synthèse des idées qui y sont développées et doivent également être lues en relation avec le travail d’Esprit68 sur l’Éthique de l’habitat humain. Ce « code de la propriété humaine » peut servir de plate-forme revendicative pour à initier la « réappropriation du monde» par le plus grand nombre. Il peut notamment être utilisé dans une phase de transition révolutionnaire, afin d’exiger une plus juste répartition des richesses, y compris en faisant pression sur les institutions existantes.

Sens, intérêt, limites et dangers de l’Équivalent Surface Universel et de l’Équivalent Universel Énergie – livre 1
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Sens, intérêt, limites et dangers de l’Équivalent Surface Universel et de l’Équivalent Universel Énergie – livre 1

Publié par Lucrèce sur Esprit68, ce travail envisage un Équivalent Surface Universel (ÉSU) et un Équivalent Universel Énergie (ÉUÉ) pour servir à la répartition des ressources entre les êtres humains et pour comptabiliser leurs sollicitations écologiques afin que ces dernières n'excèdent pas les capacités bio-régénératives de la planète. Cette nouvelle « monnaie » écologique n'en est pas vraiment une – car ce n'est pas un véritable instrument de paiement, mais plutôt le moyen d’honorer la dette contractée à l'égard de la communauté humaine présente et à venir. Rend-elle pour autant la monnaie « véritable » obsolète ou doit-elle la compléter ? La nouvelle forme de valorisation qu'elle introduit est-elle nécessairement souhaitable ? Au-delà des difficultés pratiques posées par son éventuelle mise en œuvre, quelles questions éthiques soulève-t-elle ?
Ce premier livre détaille en trois parties les principes de bases et les modes de fonctionnement possibles de l'ÉSU et de l'ÉUÉ. Le second livre à venir s'attaquera aux relations avec la monnaie, aux questions éthiques, aux problèmes de mise en œuvre ainsi qu'à des emplois alternatifs de l''ÉSU et de l'ÉUÉ.