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BATMAN « THE DARK KNIGHT RISES », FILM D’UNE ÉPOQUE

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BATMAN « THE DARK KNIGHT RISES », FILM D’UNE ÉPOQUE »

A propos de ce texte

« Les pouvoirs du cinéma sont si étendus, et l'absence de coordination de ces pouvoirs si flagrante, que presque tous les films qui dépassent la misérable moyenne peuvent alimenter des polémiques infinies entre divers spectateurs ou critiques professionnels. Ajoutons que seul le conformisme de ces gens les empêche de trouver des charmes aussi prenants et des défauts aussi criants dans les films de dernière catégorie. »

GUY-ERNEST DEBORD et GIL J WOLMAN
Mode d’emploi du détournement 1956

Cet avertissement de Guy Debord et Gil Wolman doit nous alerter sur l’inévitable arbitraire de la critique cinématographique et sur la difficulté de s’en servir pour alimenter la critique sociale. Plus généralement, la dénonciation des produits frelatés de l’industrie spectaculaire marchande, sous ses multiples formes, dont la critique des médias, se révèle le plus souvent d’un intérêt limité, tant elle s’apparente à un vain travail de Sisyphe : Toujours à recommencer, elle ne fait que confirmer la laideur de notre monde et les intentions hégémoniques de ceux qui se sont accaparés les moyens de sa représentation dans les conditions qui leur sont le plus favorables, par la fabrique de l’opinion publique et des divertissements de masse. La critique du spectacle contemporain peut ainsi se perpétuer, sans jamais offrir de perspectives concrètes de lutte et de renversement de l’ordre existant.
Parfois pourtant, des œuvres particulièrement représentatives peuvent êtres révélatrices des mutations en cours de la domination et indiquer ses intentions prochaines. Batman, « The Dark Knight Rises », nous semble être de celles-là, qui non seulement révèle le nouveau monde que le capitalisme entend forger pour nous, mais encore l’idéologie qui doit le garantir et justifier ses horreurs et ses injustices.
Ce film entérine le tournant sécuritaire de la domination marchande, qui renonce à dissimuler ses méfaits et même à se présenter comme bonne et tolérante, selon les critères jusque-là communément admis, mais se plait au contraire à exposer son absurde brutalité et tente de l’imposer par un renversement complet des valeurs et par un sidération constante.
Batman, The Dark Knight Rises peut donc nous aider à mieux percevoir les dispositions actuelles de l’ennemi, pour nous permettre de mieux le combattre. C’est à cet effet que nous lui avons consacré ces quelques lignes.

Esprit68, septembre 2012

BATMAN et GORDON, deux piliers de la répression

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« Batman «The Dark Knight Rises », film d’une époque… »

Le précédent épisode de la saga était déjà formidable. Quatre ans après, ce troisième et ultime volet très attendu de la trilogie de Christopher Nolan est tout simplement le meilleur.

Alain Grasset, Le Parisien

Le film est impressionnant. Terrassant même. (...) Dans cette fresque monumentale, les personnages ne manquent pas (...) Gagnant en puissance, perdant en étrangeté, ce troisième volet consolidera sans doute le magistère de Nolan à Hollywood.

Isabelle Regnier, Le Monde

Le troisième épisode la saga Batman de Christopher Nolan est une exceptionnelle réussite. Une fresque sombre et épique qui dévoile l'âme de l'homme chauve-souris.

Denis Rossano, Studio Ciné Live

Le traitement est d'une noirceur abyssale et le climat apocalyptique, proprement fascinant. (...) Quant aux scènes spectaculaires comme la destruction du terrain de foot, elles sont mémorables, ridiculisant sans problème toute la concurrence actuelle. Aujourd'hui, qui dit mieux ?

Romain Le Vern, Excessif

Le film est d'une densité folle (...) comme si Nolan voulait contracter la puissance narrative d'une série dans le format d'un long métrage. La maestria avec laquelle il remporte le combat est impressionnante…

Jean-Marc Lalanne, Les Inrockuptibles

Comme en témoigne ces quelques coupures de presses, Batman «The Dark Knight Rises » est un film majoritairement encensé par la critique. Cette collection d’éloges peut s’expliquer par les moyens considérables de promotion associés à ce type de Blockbuster. L’exagération et la quasi-unanimité de ces dithyrambes ont cependant de quoi surprendre, au regard des défauts si flagrants et si nombreux du film. Les critiques professionnels, préposés à l’édification de nos jugements, de nos goûts et de nos opinions, voient aujourd’hui leur monopole menacé par la diffusion généralisée de la pseudo-critique, sur les blogs, les forums et les sites, le spectacle marchand trouvant très avantageux de laisser les consommateurs assurer eux-mêmes et gratuitement – mais dans un cadre contrôlable – la publicité de ses marchandises. Face à une concurrence pour eux si dangereuse, les guides appointés de la consommation culturelle, doivent redoubler de zèle pour chanter les louanges des produits phares de l’industrie dont ils sont les publicitaires déguisés. Et certes ils ont pu reconnaître – plus ou moins consciemment – dans Batman «The Dark Knight Rises » une œuvre importante, qui résume, mieux que d’autres films « à gros budgets », la nouvelle forme que la domination spectaculaire veut imprimer au monde et la nouvelle idéologie dont elle veut se parer. A ce seul titre, ce Batman méritait d’être par eux encensé. Et en un sens, il s’agit en effet d’un film remarquable par ses aspects les plus médiocres et les plus incohérents même, qui révèlent son ambition démesurée de falsification généralisée de tous les jugements. Batman «The Dark Knight Rises » porte à la fois le reflet déformé de la misère du monde et à la fois le mensonge et la fausse-conscience que l’on nous enjoint d'entretenir sur cette misère.
Quelques mots sur les « qualités » formelles du film tout d’abord, celles-là même qui sont si exagérément vantées par la presse … Avec des acteurs charismatiques qui se sont construit ailleurs leur notoriété, (Christian Bale de « Fighter » dans le rôle de Batman, Tom Hardy de « Bronson » dans le rôle du « méchant » Bane, ou encore la frenchie oscarisée de « La Môme » Marion Cottillard), Batman «The Dark Knight Rises » déploie de considérables moyens pour accrocher l’attention du spectateur. Il y réussit moyennement, car si l’on n’est pas amateur de ce genre de film on pourra difficilement s’empêcher de consulter sa montre au cours de ces tout de même assez longues 2h40. La mise en scène démontre parfois une certaine efficacité dans l’organisation des cascades – encore que de nombreuses scènes d’action soient confusément organisées –, la présentation des effets spéciaux et l’emploi d’une bande-son qui confère au film une atmosphère sombre et dramatique. Elle se dévalue cependant dans l’invraisemblance des situations qu’elle doit représenter et qu’elle ne parvient pas – malgré ses quelques qualités – à rendre crédibles : ainsi la grotesque « manifestation policière » sur laquelle nous reviendrons ou encore les dizaines de voitures de police qui se lancent benoitement et comme un seul et énorme bouchon autoroutier à la poursuite de l’ultra-rapide moto de Batman, laquelle ne parvient pourtant pas à les semer.
Car c’est là la principale caractéristique du film : Cette invraisemblance omniprésente contraste avec un étrange souci de réalisme. «The Dark Knight Rises » se veut « crédible », « sérieux », grave même. L’humour, la distance, le décalage poétique et surréaliste assez présent par exemple dans le second Batman de Tim Burton, en sont presque totalement absents.
Cette prétention réaliste est d’autant plus manifeste que le film aborde des thèmes « d’actualité », en vrac : crise économique, scandales financiers, inégalités sociales, émeutes urbaines, droits sur les données numériques personnelles et manipulations de ces données, menace nucléaire, crises écologique et énergétique et moyens d’y répondre, secrets et mensonges du pouvoir etc.
Ce n’est pourtant qu’une « prétention » car ces thèmes « réalistes » sont amalgamés dans l’absurdité de leur traitement et l’invraisemblance du scénario dont il est difficile de recenser toutes les incohérences tant elles sont nombreuses. Quelques internautes se sont tout de même attelés à ce travail aussi long que rébarbatif sans toutefois parvenir à l’exhaustivité 1 ».
Dans la presse pourtant, nulle mention de ces incohérences sous la plume des journalistes « spécialisés ». Les critiques vont même jusqu’à louer les qualités scénaristiques du film. Et de fait, un film disposant d’un budget de 250 000 000 $, et pouvant s’offrir les services d’une armée de scénaristes, est censé être immunisé contre les défauts du premier nanar venu. Mais les artisans de Batman «The Dark Knight Rises » ne sont peut-être ni plus ni moins compétents et « professionnels » que les promoteurs des subprimes, les traders vedettes, les patrons des banques centrales ou les ingénieurs nucléaires de Tepco ou d’Areva. L’absence de sens, l’irresponsabilité, la stupidité réellement triomphante, sont certainement inhérentes à toutes formes de grande entreprise capitaliste. De ce point de vue, le naufrage de Batman ne serait pas plus incompréhensible que le désastre de Fukushima, bien qu’il soit heureusement moins abominablement destructeur. Pour autant nous voudrions ici avancer l’hypothèse que l’absurdité de «The Dark Knight Rises » n’est pas tout entière involontaire et qu’elle résulte pour une part d’un ambitieux projet d’abrutissement du public et d’une volonté consciente de l’habituer à l’invraisemblable. Car le film s’emploie à nous faire croire à ces inepties avec la même lourdeur et le même « sérieux » qu’un JT de TF1 ou de France 2. En cela il est le reflet même de la Domination Spectaculaire de notre époque, qui dans ses journaux télévisés nous présente également de « vrais » évènements et d’« authentiques » images pour illustrer un discours absurde et mensonger.

« Dans un monde réellement inversé, le vrai est un moment du faux. »
(Debord)

BATMAN et BANE, l'antiterrorisme suscite et se nourrit du terrorisme

«The Dark Knight Rises » opère ainsi un renversement odieux de perspectives, qui conduit à attribuer à des méchants « extraordinaires » sous une forme travestie, toutes les tentatives qui, dans « vraie vie », sont mises en œuvre par les femmes et les hommes réels, pour lutter contre les injustices et les nuisances de la société.
L’ultra-méchant Bane envahit la Bourse comme ont tenté de le faire les manifestants d’Occupy Wall Street, Bane révèle des vérités sur le pouvoir comme Julien Assange, Bane fait « payer les riches », comme les indignés veulent taxer les « 1% », Bane révèle (tout en le reprenant à son compte), le pouvoir de vie et de mort sur l’ensemble de la population mondiale, dont disposent quelques dirigeants et quelques cadres de multinationales, par la possession des armes nucléaires et des centrales nucléaires civiles, comme les foules de l’actuelle « révolution des hortensia » révèlent et combattent l’horreur nucléaire au japon.
De l’autre côté, les Batman, Gordon et Fox, réagissent comme les actuels maîtres du monde. L’engin volant que Fox confie à Batman, est réputé avoir été conçu pour « la pacification urbaine », il est donc capable de disperser (ou d’anéantir) les participants des contre-sommets, les manifestants indignés ou les foules du printemps arabe (avant que l’on ne décide hypocritement de les supporter et non plus d’offrir à leurs oppresseurs le « savoir-faire » des forces de l’ordre occidentales).
De même, Gordon est réputé avoir « réussi » après le départ de Batman, car il a rempli les prisons de la ville, comme Bachar el-Assad ou comme Poutine en somme, et dans la durable tradition des États-Unis, qui avec plus de 2 millions de prisonniers ont le plus haut taux de détention du monde devant la Chine (classement en cela identique au classement des médailles des derniers jeux olympiques). Cette prétendue « réussite » s’accompagne pourtant de la crise économique et du chômage qui frappe Gotham et même de la multiplication des orphelins (nous y reviendrons) dont les moyens de la prise en charge s’amenuisent alors même que fleurissent les riches réceptions de millionnaires, comme celles qu’organise Waynes… Mais tout va bien… Gotham est réputée « pacifiée ».
Des orphelins donc, mais point de peuple à Gotham… Hormis quelques riches, la population semble majoritairement composée de flics et de bandits. Dans cette dernière catégorie on compte les détenus des prisons et aussi quelques ouvriers qui se révèlent être des gredins à la solde de Bane, leur principale occupation étant de creuser des tunnels sous la ville, allégorie sans doute involontaire du travail de la « Vieille Taupe » révolutionnaire. A tel point que lorsqu’il s’agit de sauver la population de Gotham de la menace nucléaire, le lieutenant Blake ne parvient qu’à rassembler quelques orphelins qui remplissent à peine un bus ! Mais où sont donc les autres habitants de la ville ? Sans doute devant leur télés, car ce sont avant tout des spectateurs. Et de fait, en une occasion, le film nous montre bien une foule… « Spectatrice » d’un match de football américain et uniformément bariolée des couleurs de son équipe !
Voilà la rassurante passivité à laquelle le film voudrait reléguer les « 99% ». D’ailleurs, la seule « manifestation », la seule « marche de protestation » mise en scène, montre une foule immense de policiers, fraichement libérés et mal armés, qui envahissent la rue en cortège, pour se porter au-devant des « méchants » (Bane et ses « prolétaires ») qui ont conquis tous l’arsenal « anti-émeute » de Fox. Incroyable et significatif renversement du réel ! Dans Batman, seuls les flics ont droit de cité et remplacent même les manifestants ! La domination spectaculaire exulte et prend ses désirs pour des réalités !
Et pourtant cette incongruité trouve dans le réel de sinistres échos. Le monde dont «The Dark Knight Rises » se veut le reflet, est le monde où, au cours de l’été 2012, les flics de new york abattent un type en pleine rue, où les policiers tirent sur les mineurs sud-africains en grève et en tuent plusieurs dizaines, un monde autoritaire et policier qui ne prend même plus la peine de dissimuler ses crimes. Et dans ce monde violent et déréglé, il arrive aussi que des « spectateurs » deviennent fous et en tuent d’autres… Lors d’une séance de «The Dark Knight Rises » par exemple
Le Spectacle, qui est l’instrument de la domination marchande, par son monopole de la diffusion des images, tente de façonner le monde en dictant la perception que nous en avons. En visionnant «The Dark Knight Rises » nous comprenons quel genre de monde elle veut façonner et quel genre de rôles elle nous y réserve.
Ce monde injuste et destructeur veut présenter tous ceux qui s’opposent à ses injustices et à ses nuisances comme des « terroristes ». Dans la caricature de Bane, le film discrédite l’actuel mouvement de révolte de la population mondiale, tout en en justifiant la répression par la caricature de Batman.
«The Dark Knight Rises », gâche enfin la seule occasion de montrer un peu de grandeur et de profondeur en refusant de valider le sacrifice de Batman, et en dépréciant du même coup la valeur qu’aurait pu prendre son action. Il révèle ainsi, comme tant d’autres « blockbusters », son incapacité à affronter l’irrémédiable, le tragique et la mort, alors même qu’il fait mourir dans une parfaite indifférence les « méchants » ou les personnages secondaires auxquels il dénie toute humanité.
A travers la figure de Batman, la domination spectaculaire se rêve immortelle et invincible. Tenez-vous le pour dit : elle ne lâchera rien, et ne simulera même pas son sacrifice pour assurer son règne, car elle se veut pour l’éternité tout entière triomphatrice. En cela au moins elle se trompe, car les ravages même qu’elle impose à la planète l’obligeront à changer. Le problème est que d’ici-là, nous avons toutes les chances d’être nous-même les sacrifiés !
Batman habitue le spectateur à prendre des vessies pour des lanternes et il est donc très logiquement salué par la critique de notre époque comme « le meilleur Batman de tous les temps ». Et en effet, notre époque à bien besoin d’un tel film, pour entretenir des illusions toujours plus détestables.
Autrefois, les tendances clairement fascisantes de « The Dark Knight Rises » auraient suscité la polémique. La critique se plaisait encore, dans les années 80, à dénoncer ou à moquer le manichéisme de la série des « Rambo » et son idéologie impérialiste. Aujourd’hui, pas de réactions similaires vis-à-vis d’un film à l’aune duquel les « Rambo » deviennent des chefs-d’œuvre de nuances et d’humanité. La domination spectaculaire semble avoir gagné. Elle a rendu les spectateurs incapables de reconnaître et de nommer la dictature autoritaire qu’elle s’emploie à légitimer.
Batman, à sa manière, est un film instructif, il nous apprend que nous ne serons plus véritablement trompés, nous serons stupéfaits. La domination ne dissimulera plus ses crimes mais nous sommera de les considérer comme des bienfaits, d’y acquiescer et d’y participer.
« The Dark Knight Rises », nous montre à quoi nous attendre. Il nous permet de mieux comprendre le monde qu’on nous impose pour mieux le combattre et pour mieux le détruire… avant qu’il ne nous détruise !

A bas la dictature spectaculaire-marchande,

A bas la dictature techno-industrielle,

A bas la dictature policière,

A bas la dictature religieuse,

Mort à Batman et vive la liberté !

The Dark Knight Rises de Christopher Nolan et Cosmopolis de David Cronenberg, deux films contraires et complémentaires. Dans le premier cas, c’est la vérité d’un monde qui est livré de manière mensongère et dans le second, c’est le mensonge et la folie du monde qui sont authentiquement révélés.

Note

1Un livre entier serait sans doute nécessaire pour mentionner toutes les absurdités du film. Les plus criantes tiennent dans les motivations et les agissements parfaitement incompréhensibles des « méchants » dont les « plans » semblent impliquer la connaissance des péripéties à venir dans le scénario. Les obsessions « médiatiques » du « super-vilain » Bane comme celle qui l’amène à révéler à la population de Gotham la « vérité » sur Harvey Dent, sont particulièrement ridicules (pourquoi devrait-il être cru et surtout, quelle importance pour une population menacée d’anéantissement ?). En fait, Bane ne s’adresse qu’au spectateur du film, et c’est encore ce spectateur qui seul peut motiver ses actions insensées mais spectaculaires (comme les attaques de la Bourse ou de l’avion escortant l’ingénieur nucléaire). Non seulement les personnages semblent constamment soumis aux supposés désirs du spectateur érigé en dieu invisible et innommé, mais encore des incohérences éclatent dans chacune de leurs actions : Ainsi les cartilages usés ou la vertèbre brisée de Bruce Waynes guérissent miraculeusement, le dispositif si sophistiqué protégeant l’arme nucléaire ne s’accompagne d’aucune surveillance, la bombe nucléaire n’explose pas assez loin de Gotham, sauf à avoir subi, en moins d’une minute, une accélération fatale pour l’être humain qui la transporte, l’absurde transfert de Sélina dans une prison pour hommes et le piteux fantasme qu’il révèle, ne s’illustre que dans deux pauvres séquences qui, additionnées, ne doivent pas dépasser les 10 secondes, etc, etc, etc… Mais, dira-t-on, c’est un film de super-héros ! Et un « Batman » de surcroit, personnage « rocambolesque » qui a déjà supporté bien d’autres invraisemblances dans le passé. Mais ces nouvelles extravagances ne sont pas assumées à la manière volontairement loufoque du « spray spécial anti requin » de la série tv (pour mémoire : ici) dans un film qui se veut si manifestement réaliste. Comme disait Guy Debord dans In Girum, que le film raconte n’importe quoi, passe encore, le problème est qu’il le raconte n’importe comment.(retour au corps du texte).